Implementing a Macroprudential Framework: Blending Boldness and Realism

Claudio Borio Banque des règlements internationaux (BRI).


There is now a broad consensus in the policy community that strengthening the macroprudential orientation of regulatory and supervisory frameworks is essential for the promotion of financial stability. The window of opportunity to put in place fully fledged macroprudential frameworks should not be missed. Meeting this challenge calls for a finely balanced blend of boldness and realism. Boldness is required to face the hard design questions head-on; realism to avoid overreach and to manage expectations. Policymakers should be as ambitious as possible, but no more. In all this, research has an important role to play in allowing the framework to grow at a pace commensurate with our knowledge. The article considers how to strike the balance between boldness and realism in several aspects of the framework: in the criterion for judging its success; in how closely systemic risk should be tracked; in the mix between an aggregate and a sectoral approach; in that between rules and discretion; and in governance arrangements. It also highlights some key questions for research.


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Footnotes

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de la BRI.

1   Voir : Borio (2003) et Crockett (2000) ; Clement (2010) et Maes (2009) pour un historique du terme ; BRI (2009a), Caruana (2009) et Knight (2006) pour les traitements les plus récents sur le même sujet.

2   Cela dit, il existe une zone grise. Ce qui constitue ou ne constitue pas un instrument «tprudentielt» n’est pas toujours clairement défini. La même chose s’applique au champ des « mesures de régulation et de supervision ». D’un point de vue analytique, ceci est probablement le mieux défini en termes d’objectif central dont l’autorité utilisant un outil particulier est responsable. Mais que se passe-t-il si l’autorité est responsable de multiples objectifs (par exemple, la stabilité monétaire et financière, comme c’est le cas de banques centrales) ? Par exemple, certaines banques centrales peuvent considérer l’utilisation de restrictions sur la croissance du crédit, tels les plafonds de prêt, comme un outil macroprudentiel si elles ont un objectif de stabilité du système en tête.

3   Dans les débats de politique économique et financière, le cas des too big to fail ou des institutions systémiquement trop importantes pour être laissées à leur sort est souvent considéré comme un synonyme de la question des IFIS, ce qui est incorrect. Même en l’absence de perspective de renflouage, une IFIS impose une externalité au système financier, simplement du fait de sa très large contribution au risque systémique. Les perspectives de renflouage réduisent ex ante la discipline car elles impliquent une subvention sans contrepartie, ce qui exacerbe les distorsions. Venir à bout du problème des too big to fail n’apportera pas de solutions au problème des IFIS, c’est-à-dire au besoin de faire payer l’externalité.

4   Par exemple, sur la possibilité d’une taxation dans ce contexte, voir : Acharya et al. (2010) ; FMI (2010) ; Perotti et Suarez (2009).

5   Lors d’un boom du crédit, le profit tend à être assez élevé. Cela réduit le besoin de répondre à des normes de fonds propres par le biais du recours à des capitaux externes qui tendent à être plus chers que les capitaux internes du fait du coût bien connu associé aux asymétries d’information. De plus, même si les capitaux doivent être levés de manière externe, comme ils représentent une très petite proportion du financement des banques, toute augmentation induite des spreads de crédit sera très limitée.

6   La CoVar constitue une mesure très populaire et utile des contributions au risque systémique (Adrian et Brunnermeier, 2007). Cependant, cette mesure ne prend pas en compte la propriété additive par laquelle les contributions individuelles s’ajoutent à la mesure agrégée du risque systémique. Pour une analyse, voir : Borio, Tarashev et Tsatsaronis (2010).

7   Le terme « expositions communes » peut aussi être utilisé pour se référer aux expositions qui comprennent les effets des relations entre les contreparties, autrement dit les expositions indirectes. Il existe un large éventail de travaux, toujours plus nombreux, sur les réseaux s’intéressant à l’impact de la contagion à travers les relations entre les contreparties. J’estime que les expositions communes directes, entre les contreparties en dehors d’un ensemble donné d’institutions financières (par exemple, ménages et entreprises), jouent un rôle bien plus important dans l’instabilité financière (Borio, 2003). La recherche empirique corrèle cette vision (Elsinger, Lehar et Summer, 2006).

8   L’idée parfois défendue est que le fait qu’une institution soit systémique ou non dépend du contexte (conjoncture). Cela est vrai dans le sens où des institutions petites ou peu importantes peuvent générer des distorsions systémiques. Mais cela est uniquement le cas lorsqu’elles sont perçues comme un signal d’alarme, c’est-à-dire représentatives de problèmes plus larges partagés par d’autres institutions. Un exemple évident est celui du basculement d’un cycle financier lorsque le boom s’effondre et la première institution à connaître des difficultés est considérée comme le symptôme de vulnérabilités plus générales. L’argument ne renie pas l’utilité de l’identification de telles institutions en faisant abstraction d’un tel contexte.

9   Ceci dit, cela vaut la peine de mener des recherches plus approfondies sur la possibilité de la conception de contrats financiers reposant le plus possible sur des règles ; un exemple évident est celui de plusieurs mécanismes de capitaux conditionnels fondés sur des mécanismes non discrétionnaires. Voir, entre autres : Kashyap, Rajan et Stein (2008).

10   Voir : Borio et Zhu (2008) pour une explication du concept général de chaîne de prises de risques ; Adrian et Shin (2009), Diamond et Rajan (2009), Fahri et Tirole (2009) et Rajan (2005) pour des variations et formalisations spécifiques ; Altunbas, Gambacorta et Marques-Ibanez (2010), Ioannidou, Ongena et Peydrò (2009) et Jiménez et al. (2009) pour des preuves empiriques.


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