Disruptions and Crises of the National Banking System, United States, 1863-1913

Laurent Le Maux Université Paris Saint-Denis.


The paper deals with the disruptions of the payment system during the National Banking Era in the United States (1863-1913). First, the Government policy and the Treasury action regarding the monetary regime, on the one side, the banking legislation and the institutional framework, on the other side, are described. Second, the consequences of the rule of issue of national notes on the seasonal movements of banking reserves and interest rates are examined. Third, the paper analyses proposition for reforming the National Banking System and shows how the banking reforms where insignificant and finally let the Clearing Houses intervene several times in order to solve financial and liquidity crises.


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Footnotes

Cet article a été présenté dans le cadre du séminaire « Crises monétaires » à l’École des hautes études en sciences sociales (Paris). Pour leurs précieux commentaires, l’auteur tient à remercier les participants et notamment Michel Aglietta, Jérôme Blanc, Jean Cartelier, Ludovic Desmedt, Lucien Gillard, André Orléan, Laurence Scialom et Bruno Théret. L’article a également bénéficié des remarques exprimées par les participants au séminaire du Laboratoire d’économie dyonisien (Saint-Denis). L’auteur est ainsi reconnaissant à l’égard de Marie-Thérèse Boyer-Xambeu, Ghislain Deleplace, Antoine Rebeyrol et Nicolas Rieucau. Il va de soi que les erreurs et les imperfections qui subsistent dans l’article sont de la seule responsabilité de l’auteur.

1   Contrairement à ce que laissaient entendre les terminologies états-uniennes de l’époque, les banques nationales ou les banques locales n’étaient pas des banques publiques ou des banques d’État. Elles étaient tout aussi privées que celles opérant sous le Charter System ou sous le Free Banking Act prévalant auparavant. Les banques nationales obéissaient à une législation fédérale (NBS) et les banques locales répondaient à une législation relative à chaque État (excepté la taxe de 10 %).

2   À un niveau analytique, le terme «tliquiditést» au pluriel n’est pas à comprendre ici dans l’acception que lui donne la théorie monétaire et financière (le terme est alors au singulier), mais doit être compris au sens courant et comme synonyme d’argent liquide (cash) ou de monnaie manuelle (currency). À un niveau empirique, les deux formes de liquidité(s) pouvaient se confondre notamment dans le cas des greenbacks.

3   La question de la rentabilité des émissions des billets nationaux a fortement contribué à alimenter la littérature sur le NBS. Voir notammentt: Bell (1912), Cagan et Schwartz (1991), Calomiris et Mason (2008), Champ, Freeman et Weber (1999), Champ, Wallace et Weber (1992 et 1994), Goodhart (1965), Hetherington (1990), James (1976), Kuehlwein (1992) et Sullivan (2009).

4   Le Resumption Act de 1875 supprima le plafonnement de la circulation des billets nationaux (de 300 M$ jusqu’en 1870 et de 354 M$ jusqu’en 1874), de sorte que la circulation put augmenter à 356 M$ en 1882. Toutefois, cette hausse ne dura que trois ou quatre années car un autre facteur allait plomber la circulation des billets nationauxt: la hausse du prix des bons du Trésor à partir de 1882.

5   Ces inquiétudes formulées par John E. Williams et John L. Everitt dans le Report of a Committee on the National Bank Currency Act, Its Defects and Effects publié à New York en 1863 (cité dans Selgin et White, 1994, pp. 216-217) annonçaient toutes les difficultés du NBS pour les cinquante années à venir.

6   D’un point de vue théorique, l’absence de coopération s’explique par le fait que la mise en place d’un système de compensation multilatérale a pour vertu d’accélérer le reflux des billets, et notamment ceux émis par les banques se situant à la périphérie du système. Ainsi, du fait de l’absence d’un système de compensation, la lenteur du reflux permettait-elle aux banques de l’intérieur de bénéficier d’une contrainte de liquidité moins forte.

7   Pourtant, on était très loin des chiffres que l’on peut observer sous un système organisé autour d’une véritable chambre de compensation. Le montant des billets nationaux remboursé pour tous les États-Unis, soit 137 M$ en 1875, 214 M$ en 1877 (Knox, 1903, p. 368 ; Whitney, 1878, p. 53), n’était pas plus élevé que le montant moyen annuel des billets compensé par la Suffolk Bank entre 1841 et 1858 pour la seule Nouvelle-Angleterre, soit 219 M$ avec un pic à 397 M$ en 1856 (Knox, 1903, pp. 368-369).

8   Sur la question des taux d’intérêt, le lecteur peut également se référer à l’étude de Champ, Smith et Williamson (1996) pour la période allant de 1880 à 1910. Précisons qu’au Canada, comme aux États-Unis, la réglementation imposait une convertibilité au pair des billets. Les grandes différences entre les deux systèmes étaient les suivantest: au Canada, les banques émettaient des billets selon la technique de l’escomptet; elles pouvaient implanter des succursales (branch banking) et réaliser ainsi des compensations intrabancaires. Par ailleurs, il est à noter que, comme le montre Goodhart (1969, p. 7), « l’augmentation des taux d’intérêt à New York en automne ne permettait pas seulement de contenir les mouvements de capitaux de court terme vers l’Europe, mais permettait de drainer des capitaux de l’intérieur vers New York ».

9   Contrairement au cas de New York étudié ici, toutes les trusts companies états-uniennes n’étaient pas systématiquement en dehors d’un système de compensation. Par exemple, en 1907, la chambre de compensation de Chicago comptait parmi ses membres plusieurs Chicago trust companies (par contre, contrairement aux banques locales de New York, celles de Chicago ne participaient pas au système de compensation). Aussi, à Chicago, les conséquences de la crise furent moindres pour les Chicago trust companies (et plus sévères pour les banques locales). Sur ce point, voirt: Moen et Tallman (2000). Hoag (2011) nuance ces résultats pour ce qui concerne la crise de 1893.


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