The Creation of an Islamic Index on the Paris Stock Market: Methodology and Performance

Jonathan Peillex CRIISEA (Centre de recherche sur l’industrie, les institutions et les systèmes économiques d’Amiens), université de Picardie Jules Verne.
Loredana Ureche-Rangau CRIISEA (Centre de recherche sur l’industrie, les institutions et les systèmes économiques d’Amiens), université de Picardie Jules Verne.


Taking into account the huge potential and the increasing role played by the Islamic finance, this paper analyses the methodological process linked to the introduction of a shariah compliant index on the Paris Stock market along with a study of its short and long term performance. A screening process is applied to different stocks composing the SBF 250 index in order to make it shariah compliant. This process leads to the exclusion of almost 90% of the stocks, thus the final Islamic index is composed by 25 companies. The weighting procedure is based on the free float of each stock composing the index with a capping factor of 15%. From August 31, 2007 to August 31, 2010 the Sharpe Ratio, the Jensen’s alpha and the «  Buy and Hold  » returns lead to the same conclusion : the French 25 shariah outperforms both its conventional and shariah compliant counterparts, on the short run and on the long run. Over the same period, the low average beta of the French 25 shariah index (0.30) can be explained by the dominance of stocks belonging to the health industry (40%).


Download PDF Format


Footnotes

1   Ce montant est le résultat d’une modélisation macroéconomique basée sur des hypothèses concernant :  – le montant de l’épargne islamique des musulmans résidant en France obtenu par projection de la population française à l’horizon de 2020, de la proportion de musulmans résidant en France s’orientant vers les produits financiers islamiques, du taux d’épargne des ménages, ainsi que du PIB par tête ;  – le montant des investissements étrangers islamiques obtenu par projection de la répartition des investissements étrangers musulmans entre actifs conventionnels et islamiques et du montant des actifs islamiques en 2020 par type d’investisseurs.

2   La shariah constitue la ligne de conduite économique du musulman. Elle prend sa source dans le Coran (livre sacré), la Sunna (propos et agissements du prophète), l’Ijma’ (consensus des juristes islamiques), le Qiyas (analogie authentifiée) et l’Ijtihad (effort intellectuel rationnel).

3   Al Baqarah (2:275) : « Allah a permis le commerce et a interdit le riba ». Dans la littérature islamique, le terme riba ne se limite pas seulement à l’usure, mais à toute forme d’intérêt. Ce dernier est interdit puisqu’il constitue une rémunération contractuelle fixée à l’avance récompensant le simple écoulement du temps. Aussi, du fait de son penchant à s’imposer comme une charge pour les plus démunis, il revêt une connotation négative.

4   L’interdiction du maysir empêche les opérations financières les plus risquées. Ainsi, en finance islamique, certains types de contrats dérivés sont prohibés du fait de l’importance de l’effet de levier qui leur est associé. C’est le cas, entre autres, des contrats à terme, des options…

5   Tout contrat incluant du gharar est considéré comme invalide et illégitime puisque en laissant place à une asymétrie d’information entre les parties, il représente un danger pour l’équité et le partage. Ainsi, en interdisant la vente d’objets dont les caractéristiques n’ont pas été précisément spécifiées, la shariah renforce la justice des contrats commerciaux.

6   Le terme haram désigne les activités jugées illicites, pas la shariah. Elles seront précisées dans la deuxième partie.

7   Tout contrat doit être rattaché à une activité « palpable ». Cette caractéristique fait de la finance islamique une finance reconnue pour sa stabilité, sa capacité à maîtriser le risque et sa connexion avec la sphère réelle.

8   Le terme halal (licite) s’oppose à celui de haram (illicite).

9   Petit Livre vert de la Commission européenne (2001).

10   Pour les fonds conventionnels : Elfakhani, Hassan et Sidani, 2005 ; Hayat, 2006. Pour les fonds éthiques : Abderrezak, 2008.

11   En réalité, ce ne sont pas 250 valeurs que nous avons retenues, mais 245. Du fait de l’indisponibilité de certaines données, 5 valeurs ont été exclues.

12   Source : www.euronext.com.

13   À ce jour, on recense dans le monde moins d’une centaine d’individus suffisamment compétents pour siéger dans un conseil shariah. Cette rareté du capital humain implique deux conséquences. D’abord, du fait du cumul des mandats de certains savants dans plusieurs comités, on assiste à une augmentation des situations de conflits d’intérêts. Ensuite, de manière indirecte, cette rareté des shariah boards permet une plus grande harmonisation des décisions.

14   Il apparaît clairement que la gestion d’un indice islamique exige une surveillance moins grande que la gestion active d’un fonds. À titre d’exemple, le S&P Shariah Indice compte quatre savants tandis que le DJIMI en est composé de cinq.

15   La prohibition de l’activité hôtelière est justifiée pour deux raisons. D’abord, l’islam encourage l’aumône. Ensuite, les hôtels ne sont pas exclusivement des prestataires d’hébergement, ils commercialisent également de l’alcool.

16   Source : www.standardsandpoors.com.

17   Ce secteur d’activité est exclu pour au moins trois raisons. Premièrement, il n’est pas considéré comme « productif ». Ce sont des activités considérées comme secondaires qui s’inscrivent dans l’« image » et qui n’ont pas d’utilité fondamentale pour la société. Deuxièmement, toute activité ayant pour effet de « détourner le musulman de la prière » n’est pas un effort qui mérite d'être financé. Troisièmement, le secteur de la publicité peut encourager la consommation de produits ou de services haram.

18   Le terme zakât désigne l’aumône obligatoire que chaque musulman reverse à la communauté.

19   Parmi les guides méthodologiques de construction d’indice islamique disponibles, il apparaît comme étant le plus précis et le plus transparent.

20   Source : rapports annuels obtenus sur le site Internet de chacune des sociétés composant le SBF 250.

21   Source : Datastream Thomson Financial.

22   NYSE Euronext, Règle de l’indice CAC 40, avril 2010 ; voir le site : www.euronext.com.

23   Au moins 5 % de leur activité.

24   Mesuré par les écarts types journaliers annualisés.

25   Mesuré par les rentabilités journalières annualisées.

26   En finance islamique, utiliser le terme de taux « sans risque » halal constitue un pléonasme car la perception de revenu financier sans prise de risque est considérée comme haram.


Share email Share on Facebook Share on Twitter Share on Google+