Savers on the Verge of Crisis

Luc Arrondel CNRS-PSE ; DGEI-DEMS-SAMIC, Banque de France.
Vladimir Borgy DGEI-DCPM-FIPU, Banque de France.
Frédérique Savignac DGEI-DEMS-SAMIC, Banque de France.


Savers evolve today in a difficult environment : financial and economic crisis, macroeconomic risk related to the future of the welfare system, tax reforms, Welfare State reform seeking to further empower the individual... Consequently, savers invest in safe and short-term assets at the expense of long-term and risky investments. Moreover, this prudent behavior could also be accelerated by the recent increase in the limits on savings accounts. According to some, these trends could lead to a problem of financing the economy.

Using individual data, we show that this prudent behavior does not concern everybody: wealthier and older people hold a large fraction of their wealth in risky and long-term assets. In addition, prudence behaviors during the crisis was due to lower expectations regarding incomes and stock prices of assets, a more pessimistic outlook of the future on the labor market, not to an increase in risk aversion.

So, in order to encourage investors to take more risk, one scenario would be that the State (Welfare) continues to protect individuals against new macroeconomic risks.


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Footnotes

Ce travail reflète les idées personnelles de leurs auteurs et n’exprime pas nécessairement la position de la Banque de France. Certains résultats présentés par les auteurs de l’article sont issus de leurs travaux menés sur les données de l’enquête Patrimoine 2009-2010 de l’Insee. Les résultats publiés et les commentaires ou analyses qui en sont faits peuvent ne pas correspondre aux résultats établis par l’Insee ou à ses analyses.

1   Shiller (2008) affirme, par exemple : « La crise des subprimes et les problèmes financiers et économiques qui en ont découlé sont dus, en grande partie, à certaines défaillances de la démocratie, démocratie financière j’entends. Beaucoup de gens de la classe ouvrière et de primo-accédants à la résidence principale qui se sont surendettés par rapport à la valeur hypothécaire de leur maison avec des tauxvariables ne maîtrisaient pas l’information sur ce qu’ils faisaient, le genre d’information facilement accessible aux personnes les plus riches, et ont ainsi commis de graves erreurs. »

2   Annamaria Lusardi, directrice du Financial Literacy Center, écrit ainsi dans le New York Times du 24 avril 2010 : « L’éducation financière est un élément essentiel de la connaissance que tout étudiant devrait avoir (…) Tout comme la lecture et l’écriture sont devenues des outils indispensables aux individus pour réussir dans les économies modernes, il est aujourd’hui impossible de réussir sans être en mesure de lire et d’écrire financièrement. » Le niveau d’« éducation financière » expliquerait en particulier la détention plus fréquente d’un portefeuille risqué.

3   Guiso et al. (2011) concluent à une augmentation importante de l’aversion au risque des ménages italiens pendant la crise. Peu de facteurs (anticipations, probabilité de chômage…) semblent expliquer cette variation. Les auteurs, en s’appuyant sur une étude expérimentale (des étudiants visionnant un film d’horreur avant de répondre au questionnaire de risque), avancent alors une explication : la « peur » panique en serait la cause !

4   Voir, par exemple, Arrondel et Masson (2011).

5   Voir le rapport du Conseil d’analyse économique de Garnier et Thesmar (2009) ou encore le rapport très récent de la FFSA (2012).

6   Cette partie est fortement inspirée par le chapitre 3 de Arrondel et Masson (2011).

7   Pour une description des différents courants méthodologiques, on pourra consulter la récente revue de littérature de Guiso et Sodini (2012).

8   C’est-à-dire 11 335 Md€.

9   Notamment au-delà du centile supérieur (Arrondel et al., 2011).

10   Le patrimoine immobilier regroupe le logement principal, la résidence secondaire et les logements de rapport. Le patrimoine professionnel comprend tous les biens liés à un outil de travail qu’ils soient exploités par le ménage ou pas.

11   L’Insee se fonde sur plusieurs mesures (calculées à méthodologie constante) et qui vont toutes dans le même sens : entre 2004 et 2010, le rapport interdécile (D9/D1) a augmenté de 30 %, le rapport entre le patrimoine moyen possédé par le décile supérieur et celui des 50 % les moins dotés est passé de 32 % à 35 %, le Gini s’est accru de 1,4 % dans la population globale et de 13,9 % dans celle des 10 % les plus aisés.

12   Pour des raisons de cohérence entre les différentes dimensions examinées (taux de détention, structure des portefeuilles, concentration), les produits d’assurance-décès et les produits en phase de rentes pour lesquels nous ne disposons pas de valorisation sont exclus de l’analyse. En les incluant, le taux de détention des produits d’assurance-vie et d’épargne-retraite serait de 48,3 % (Chaput et al., 2010).

13   Cette question rejoint aussi une préoccupation théorique concernant la stabilité temporelle des préférences : sans cette stabilité, il n’est pas de prédictions possibles pour les modèles de comportement de l’épargnant.

14   Pour plus de détails, le lecteur intéressé pourra consulter l’opuscule de Arrondel et Masson (2011).

15   Ces enquêtes ont pu être réalisées grâce au financement de l’ANR (Agence nationale de la recherche), du Cepremap, de la Caisse des dépôts, de la société Harvest, de la Chaire Groupama « les particuliers face au risque », de l’IEF (Institut européen de finance) et de l’OEE (Observatoire de l’épargne européenne).

16   Sur la mesure de ces anticipations, voir Arrondel et al. (2012).

17   Les scores mesurés à partir des informations des différentes enquêtes apparaissent cohérents d’une date à l’autre : les classements des questions les plus pertinentes pour expliquer les scores présentent la même hiérarchie et les déterminants individuels des scores sont les mêmes d’une enquête à l’autre. Ainsi, lorsqu’on veut savoir qui est quoi en matière de préférence, les résultats, qui vont en général dans le sens attendu, coïncident entre les quatre enquêtes : les hommes sont plus tolérants au risque que les femmes, et les jeunes que leurs aînés ; on voit à plus long terme (faible préférence temporelle) lorsqu’on est âgé, diplômé, en couple et que l’on a des enfants (et la prévoyance semble également se transmettre par la mère du répondant) ; on est plus altruiste si l’on est diplômé (Arrondel et Masson, 2011).

18   Pour d’autres propositions, on pourra consulter le rapport du Conseil d’analyse économique de Garnier et Thesmar (2009).


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