Towards an Electronic Payment Society?

David Bounie Professeur d'économie, Télécom ParisTech (département SES).
Abel François Maître de conférences en économie, EM Strasbourg Business School, université de Strasbourg (LARGE) et Télécom ParisTech (département SES).


The payment industry is undergoing profound changes due to technological breakthroughs with contactless payments (cards and mobile), internet payments… This paper compares and exploits original datasets on the payment behavior of two representative samples of the French population in 2005 and 2011. The analyses clearly show that the use of the payment card has increased between 2005 and 2011 at the expense of cash and checks on small and large amounts, respectively. This can be explained by a change of the legal framework on credit consumption and co-branding, an evolution of the card acceptance, electronic commerce and a generation effect. If rates of progress between 2005 and 2011 continue, we expect the payment card will dominate purchases of very small amounts, i.e. lower than 5 €, at the horizon of the 2030s.


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Footnotes

Nous remercions les deux rapporteurs anonymes de la REF pour la qualité de leurs commentaires qui ont significativement contribué à améliorer le contenu de cet article.

1   Le coût social d’un moyen de paiement peut être défini comme la somme des ressources utilisées par l’ensemble de la société pour réaliser un paiement. Le coût social est donc la somme des coûts/bénéfices privés supportés par l’ensemble des acteurs des paiements. La Banque centrale néerlandaise a ainsi montré que le développement de l’usage de la carte entre 1990 et 2004 s’était traduit par une diminution de 6 % du coût des paiements de détail (ECB et DNB, 2009).

2   Voir le rapport de Pauget et Constans d’avril 2012 intitulé L’avenir des moyens de paiement en France.

3   En 2010, le montant, pour l’ensemble de l’économie française, y compris les règlements entre entreprises, s’établissait à 341 MdA pour les paiements par carte et à 312 MdA pour les paiements par chèque.

4   Les paiements de facture récurrents font l’objet d’un traitement lors de l’entretien et ne figurent pas dans le relevé, de même que les dépenses professionnelles.

5   Les enquêtes ont été respectivement réalisées de mars à mai 2005 et de septembre à novembre 2011. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas. Les quotas retenus sont les suivants : sexe croisé par actif/inactif, âge, profession et type d’habitat (logement individuel ou collectif, au poids réel de ces deux modalités).

6   Une carte de débit/crédit est une carte qui offre à son détenteur la possibilité de choisir au point de vente la fonction paiement au comptant ou paiement à crédit. Dans ce dernier cas, le porteur utilise une ligne de crédit attachée à la carte de paiement.

7   Le détail des types de commerce est le suivant : petits commerces et magasins de quartier (buralistes, boulangers, épiciers, primeurs, pharmacies, bars, brasseries, restaurants, coiffeurs, habillement, maroquinerie, bijouteries, artisanat…), grandes enseignes (Galeries Lafayette, BHV, Printemps, La Samaritaine, FNAC, Décathlon, Virgin Mégastore, Etam, Célio, La Redoute…), autres types de commerce, hors petits commerces et grandes enseignes (hôtels, agences de voyage, magasins d’informatique, magasins sur Internet, sociétés de transport – SNCF, RATP, avion… –, stations services, distributeurs et automates – boissons, locations de vidéo… –, cabinets et professions libérales…), grandes surfaces (hypermarchés comme Carrefour, Leclerc, Auchan… et supermarchés comme ATAC, ED, Casino, Monoprix…), services à domicile (artisans – plombiers, peintres, électriciens… –, professions paramédicales – infirmières, aides médicales à domicile… –, employés de maison), administrations et institutions (hôpitaux, cliniques, administrations publiques, EDF, GDF, France Télécom, Compagnie des eaux, La Poste…), autres.

8   L’Insee définit le commerce de détail comme « les ventes de marchandises au détail aux ménages y compris les ventes de l’artisanat commercial : boulangeries, pâtisseries, charcuteries ». Ce commerce de détail est évalué en 2011 à 479 Md€.

9   Ce résultat ne s’explique pas par un différentiel d’équipement bancaire défavorable aux personnes âgées puisque la probabilité de détenir un compte bancaire augmente avec l’âge (Ducas et Whitesell, 1995).

10   Voir, par exemple, un article de presse récent sur les bénéfices liés à la disparition des pièces et billets aux États-Unis : « Nickeled and Dimed » de Jeremy Stahl du site Slate.com ( www.slate.com/articles/business/cashless_society/2012/03/cashless_society_how_much _would_the_united_states_save_by_ditching_paper_money_.html ) (19/03/2012).

11   Le taux de croissance annuel moyen d’une grandeur notée v entre la période t + 1 et t, exprimé en pourcentage, sur n périodes, est donné par la formule suivante :

12   Le lecteur consultera le site de l’AEPM (Association européenne payez mobile) : www.payezmobile.com.

13   La norme NFC est le standard de communication entre les téléphones et les terminaux de paiement retenu en France pour le paiement sans contact (par téléphone mobile ou carte bancaire). Il faut noter que l’iPhone 5 n’intègre pas cette norme à ses caractéristiques techniques.

14   Les cartes prépayées des réseaux MasterCard et Visa offrent également un anonymat des paiements.

15   Les expériences de porte-monnaie électronique ont toutes échoué en Europe, à l’exception notable de la Belgique où le système Proton s’est installé dans le paysage des paiements.


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