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Non Regulated Finance and the Large Commodities Trading Houses

Yves Simon


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Footnotes

Professeur de finance, université Paris-Dauphine.

1   Nous ne parlons pas des escroqueries qui n’ont rien à voir avec les activités financières. En oubliant de leur parler de l’effet de levier, il était facile en effet de gruger des investisseurs naïfs ou incompétents, avec un exposé un peu biaisé des subtilités inhérentes aux transactions sur un marché à terme qui, en règle générale, ne se concluent pas par une livraison des matières premières sous-jacentes aux contrats qui sont achetés ou vendus. Ces dysfonctionnements n’étaient cependant pas une spécificité des marchés dérivés. Ils touchaient de nombreux autres compartiments de l’industrie financière. Sans avoir totalement disparu, ils sont aujourd’hui en voie d’extinction.

2   L’importance commerciale et financière des grands négociants transparaît parfaitement dans un accord signé le 24 décembre 2012 au terme duquel Rosneft, la première société pétrolière russe, s’engageait à fournir à Glencore et Vitol jusqu’à 67 millions de tonnes de pétrole brut sur une période de cinq ans (cf. encadré 1). Au début de la même année, Glencore avait déjà négocié un engagement sur sept ans prévoyant la livraison par Rusal de 14,5 millions de tonnes d’aluminium, ce qui représentait, au prix de l’époque, une valeur de 28 Md$.

3   La Bourse des métaux de Londres est restée un important marché au comptant où se négocient des matières premières physiques. Corollaire de cette activité, le LME a agréé depuis longtemps (et ne cesse d’accorder de nouveaux agréments) un grand nombre d’entrepôts (environ 600 implantés en Europe, aux États-Unis et en Asie dans trente-sept localisations) où des producteurs, des utilisateurs et des investisseurs peuvent stocker des métaux dont la qualité correspond aux standards requis pour servir de sous-jacents aux contrats négociés sur les marchés à terme de cette Bourse. Ces entrepôts sont gérés par six grandes sociétés (Henry Bath, Metro International Trade Services, North European Marine Services – NEMS –, Pacorini Metals, Delivery Networks et C. Steinweg-Handelsveen) et de nombreuses petites firmes qui possèdent quelques unités de stockage, parfois une seule.

4   Par ordre alphabétique : Bank of America, Barclays, BNP Paribas, Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ, Citigroup, Crédit agricole, ING Bank, Intesa Sanpaolo, JP Morgan Chase, Mizyko Corporate Bank, Natixis, Nordea Bank, Sumitomo Mitsui Bank, Société générale et UniCredit.

5   Cet emprunt avait été pris ferme (garanti, underwritten) par la Royal Bank of Scotland, la Deutsche Bank, le Crédit suisse et la Société générale. Dans les semaines qui ont suivi, les banques ont « revendu » avec succès la plus grande partie de leurs engagements. Au final, le prêt de 40 Md$ a été sursouscrit à 35 % et beaucoup de banques qui voulaient participer à son financement n’ont pas été totalement servies.

6   Henry Bath n’était qu’un élément d’une transaction beaucoup plus importante. En février 2010, JP Morgan a acheté pour 1,7 Md$ la plus grande partie des actifs et des activités de RBS Sempra Commodities, une joint venture entre la Royal Bank of Scotland et Sempra. Le solde (il s’agissait d’actifs d’une valeur estimée à 30-50 M$ permettant d’effectuer des transactions physiques sur le gaz naturel et l’électricité) fut acquis par la Société générale en février 2011, mais cette banque fut contrainte en décembre 2011 de rétrocéder ces actifs à JP Morgan, à cause des problèmes de liquidité sur le dollar auxquels elle fut confrontée au plus fort de la crise de la dette de la zone euro. Nationalisée par le gouvernement britannique, la banque écossaise s’était résolue à contrecœur à vendre le joyau qu’était RBS Sempra Commodities afin de réduire la taille de son bilan. La société britannique Henry Bath figurait dans les actifs cédés par la Royal Bank of Scotland à JP Morgan.

7   Sur les six grandes sociétés gérant des entrepôts agréées par le LME, seule demeure indépendante (pour l’instant) C. Steinweg-Handelsveen, une société néerlandaise localisée à Rotterdam.

8   À défaut d’introduire en Bourse un groupe dans sa totalité, on peut se contenter de le faire pour une filiale importante. Louis Dreyfus, qui avait envisagé cette hypothèse pour sa filiale sucrière brésilienne, en attendait 550 M$. Programmée au premier semestre 2012, l’opération n’a pas été finalisée car, à l’époque, le marché boursier brésilien était trop chaotique, mais elle ne devrait qu'être repoussée dans le temps.

9   Des questions éthiques (graves, parfois) ont été soulevées par leurs activités, mais elles relèvent d’un autre type de régulation et ces problèmes, qui ne sont pas une spécificité des négociants de matières premières, n’ont pas de conséquences systémiques.

10   Cette exemption reflète bien, en creux, l’importance du négoce intégré au sein des groupes industriels et commerciaux (cf. section « Les négociants intégrés »). Cette exemption est justifiée car, « normalement », la couverture des risques (prix des matières premières, change, taux d’intérêt) auxquels sont confrontés les groupes industriels est la seule finalité des swaps qu’ils initient.

11   Les informations retenues dans cette annexe sont extraites de documents publiés par les sociétés de négoce.


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