BEAC in Search of its Autonomy

Désiré Avom LAREA (Laboratoire d'analyse et de recherche en économie appliquée), CEREG (Centre d'études et de recherche en économie et gestion), Universités de Yaoundé II-Soa et de Dschang. Contact : davom99@gmail.com.Les auteurs tiennent à remercier le rapporteur anonyme de la revue pour ses commentaires et suggestions qui ont permis d'améliorer considérablement les versions antérieures. Sans les engager personnellement ainsi que les institutions qu'ils représentent, ils remercient également Michaël Goujou de l'Université d'Auvergne, Emmanuel Ongo, Fabien Ntonga, Yannick Fouda, Grégory Mvogo, membres du LAREA, et Mbouhou Moustapha, cadre à la BEAC, qui ont tous accepté de lire les premières versions de cet article. Ils restent cependant entièrement responsables des éventuelles erreurs et omissions qui peuvent subsister dans le texte.
Amadou Bobbo LAREA (Laboratoire d’analyse et de recherche en économie appliquée), Faculté des sciences économiques et de gestion (FSEG), université de Yaoundé II-Soa (Cameroun). Contact : amadou_bobbo@yahoo.fr.


Since the early 1990’s the Bank of Central African Countries (BEAC) has undertaken a series of important reforms. The purpose of this paper is to identify and understand them in light of the theoretical and empirical literature on central banks autonomy. First, we highlight the recent changes in the Franc zone which also governs the functioning of the BEAC. Second, we note changes that contribute to BEAC autonomy both at the institutional level and in terms of monetary policy. Third, we suggest: (i) an improved governance of the BEAC through better internal management and increased transparency of monetary policy; (ii) an improved governance of the Central African Economic and Monetary Community (CEMAC) by strengthening the regional integration process through improvements of business environment and through a better coordination between monetary and national fiscal policies prior to the establishment of an optimum currency area.


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Footnotes

Sans les engager personnellement ainsi que les institutions qu’ils représentent, les auteurs remercient Jean-Pierre Fouda Owoundi, Mireille Etogo Messomo, épouse Sandji, de l’université de Yaoundé II-Soa et les membres du LAREA pour leurs remarques et commentaires. Ils remercient également le gouverneur de la BEAC, Lucas Abaga Nchama, ainsi que son conseiller technique, Salao Aboubakar, pour les nombreuses séances de discussions constructives qu’ils leur ont accordées. Ils restent toutefois seuls responsables des éventuelles erreurs et imperfections qui subsisteraient dans le texte.

1   Elle a d’ailleurs provoqué la démission d’Alex Weber et Jürgen Stark de la BCE, tous deux indignés du fait que la BCE a osé acheter les titres des pays aux abois parce que les marchés des capitaux n’en voulaient plus. Cette démission a suffi pour créer l’amalgame dans les médias selon lequel ces achats d’obligations seraient similaires à l’utilisation de la planche à billet par la Reichsbank au cours de l’été 1923 lors de l’hyperinflation, en Allemagne, qui provoqua un traumatisme social catastrophique et explique aujourd’hui l’aversion forte de ce pays pour l’inflation.

2   Le traité de Maastricht de 1992 a fait de l’indépendance de la BCE l’ossature de l’organisation monétaire de la zone euro en l’imposant aux pays candidats comme une condition d’adhésion.

3   La BEAC est une banque centrale créée en 1972 et commune à six pays, Cameroun, Congo, Guinée Équatoriale, Gabon, Tchad et République centrafricaine.

4   On peut citer entre autres les pertes colossales liées aux placements hasardeux effectués par les dirigeants en 2008 (327 MdFCFA) et le démantèlement en 2009 d’un réseau bien rodé de détournements de fonds au bureau extérieur de Paris, dont le montant s’est élevé à 15 MdFCFA.

5   Les autres zones monétaires, escudo, livre sterling, peseta… ont disparu.

6   Bénin, Burkina-Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Niger, Mali, Sénégal et Togo.

7   L’ampleur de cette dévaluation fut l’objet d’une vive polémique au sein de la population. En effet, elle était de 50 % en monnaies extérieures et s’élevait à 100 % en monnaie nationale.

8   Pour une présentation des discussions sur les controverses liées au degré de surévaluation du franc CFA, voir notamment Guillaumont et Guillaumont Jeanneney (1995).

9   Les performances observées en termes de niveaux assez modérés d’inflation résultent des efforts constants déployés par les dirigeants de la BEAC dans l’application des règles de fonctionnement de la Zone franc. L’une de ces règles s’efforce de limiter au minimum les avances directes de la BEAC aux Trésors nationaux. Dans cette perspective, une étape décisive a été franchie avec la résolution du CPM du 16 décembre 2011 de geler les plafonds d’avances de la BEAC aux Trésors nationaux et d’adopter le principe de leur réduction par dixième chaque année à compter du 31 décembre 2012 jusqu’à leur suppression totale. Ce type de concours financier sera dorénavant remplacé par l’émission des titres publics à souscription libre.

10   Par exemple, la modification des taux imposée par l’évolution de la conjoncture économique nationale et internationale nécessitait la convocation du conseil d’administration, ce qui accroissait les délais de prise de décisions et réduisait la proactivité de la politique monétaire en cas de choc exogène.

11   Cependant, selon le même article, « ils peuvent être relevés de leurs fonctions par la Conférence des chefs d’État s’ils ne remplissent plus les conditions nécessaires à l’exercice de ces fonctions ou s’ils ont commis une faute grave ». C’est sur la base de cet article que certains responsables ont été licenciés par les chefs d’État lors du sommet de Bata en Guinée Équatoriale.

12   Ce comportement a été relevé par le passé à la BEAC dans le cadre du réseau de détournements des fonds au niveau du bureau de Paris organisé et entretenu pendant plusieurs années par la « filière gabonaise », mais avec la complicité d’autres nationalités.

13   La CEEAC englobe non seulement les pays de la CEMAC, mais également l’Angola, le Burundi, la République démocratique du Congo et São Tomé-et-Príncipe.

14   Globalement, il est admis que les politiques budgétaires menées par l’ensemble des pays en développement en général et ceux de la CEMAC en particulier sont de nature procyclique. S’agissant spécifiquement de la CEMAC, voir notamment Lledó et al. (2011).


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