Fifty Years of West African Monetary Union: What Have We Learned?

Kako Nubukpo Directeur exécutif, CADERDT (Centre autonome d’études et de renforcement des capacités pour le développement au Togo), université de Lomé (Togo). Contact : kakonubukpo@yahoo.com


On the fiftieth anniversary of the West African Monetary Union, it is timely to make an assessment of the efficiency of the common monetary policy, implemented by the West African States Central Bank (BCEAO) responsible for the management of CFA franc.

Deep analysis shows that initial goals – economic growth and more generally, contracyclicity of economic policies – were sacrificed to the fight of inflation which is difficult to curb because of its non-monetary origin within the WAMU area. Finally, and in consideration of the multiple economic development challenges, it would be useful to improve Monetary Policy monitoring in the Zone Franc, towards a more flexible FCFA/Euro parity and an economic government based on fiscal solidarity.


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Footnotes

1   Le traité instituant l’UMOA date de mai 1962, alors que celui instituant l’UEMOA ne date que de janvier 1994. Le traité de l’UEMOA n’a pas remplacé celui de l’UMOA. Les deux traités coexistent et celui de l’UMOA sert encore de base juridique aux aspects strictement monétaires. Cependant, il est prévu à terme une unification des deux traités, nonobstant la révision en avril 2010 du traité de l’UMOA.

2   Pour cerner les tenants et les aboutissants du fonctionnement du « compte d’opérations », se référer aux ouvrages de Hugon (1999) et de Claveranne (2005).

3   La BCEAO se veut ainsi plus vertueuse et/ou plus prudente que l’Union économique et monétaire européenne, laquelle a retenu une cible d’inflation de 3 % dans le cadre des critères de convergence macroéconomique.

4   Mundell explique que dans un régime de taux de change fixes avec une liberté de circulation des capitaux, une banque centrale d’un pays ou d’une zone qui arrime sa monnaie à celle d’une zone plus puissante économiquement perd sa liberté de fixation des taux d’intérêt directeurs et est obligée de suivre l’évolution des taux de la zone ancre, notamment à la hausse. En effet, si tel n’était pas le cas, elle perdrait ses réserves de change du fait des capitaux qui partiraient vers la zone ancre et risquerait ainsi de ne plus pouvoir disposer de suffisamment de réserves de change pour soutenir son taux de change fixe. Il s’ensuivrait une dévaluation de sa monnaie. Pour en savoir plus, voir Mundell (1961).

5   La courbe de Phillips rend compte de l’arbitrage existant entre inflation et chômage : en effet, elle suggère qu’il est possible d’obtenir un supplément de croissance économique devant se traduire par une baisse du chômage, par le biais d’une politique monétaire expansionniste. La hausse du taux d’inflation, conséquence de la politique monétaire expansionniste, serait le prix à payer pour obtenir la croissance. Un tel enchaînement des mécanismes a été remis en cause par Phelps et Friedman, puis Sargent et Wallace, qui montrèrent grâce à l’introduction des anticipations dites « adaptatives », puis rationnelles dans les modèles keynésiens, l’absence d’arbitrage entre inflation et chômage. La réponse des nouveaux keynésiens fut de réhabiliter la courbe de Phillips en passant par l’hypothèse d’imparfaite flexibilité des prix.

6   Ce constat est illustré à partir de l’analyse des deux vagues de politiques monétaires restrictives en Russie de 1993 à 1999 (Ould-Ahmed, 1999).

7   Toute politique monétaire a une vocation contracyclique, c’est-à-dire contre le cycle « naturel » de l’économie. Ainsi, lorsque la croissance économique est en berne, la banque centrale doit diminuer ses taux directeurs pour réduire le coût du crédit. De fait, les agents sont incités à s’endetter pour consommer ou investir, ce qui permet de relancer la machine économique, et vice versa. Or la zone UEMOA a des spécificités, en particulier l’origine non monétaire de l’inflation, une mauvaise pluviométrie se traduisant par une flambée des prix alimentaires. Cette flambée induit tout de suite un durcissement de l’octroi de crédits du système bancaire du fait de la hantise de l’inflation. Ainsi, alors même que les agents économiques sont pénalisés par des prix alimentaires élevés, la BCEAO les empêche d’accéder au crédit pouvant desserrer leur contrainte budgétaire, accentuant par ce biais le risque de déprime économique. Cette politique procyclique contribue à éloigner les économies de l’UEMOA de leur trajectoire normale de croissance économique et illustre les effets pervers d’une lutte à courte vue contre l’inflation.

8   Voir Nubukpo (2002). Les résultats de cette étude ont été validés par les autorités monétaires de la zone et publiés dans le rapport annuel de la BCEAO de 2002, pp. 20-21.


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