Universal Banks: Successful, yet Under Threat

Jan Schildbach Économiste principal, Deutsche Bank Research. Contact : jan.schildbach@db.com
Bernhard Speyer Co-directeur, Deutsche Bank Research (jusqu'en septembre 2013).


Universal banks are the predominant model of banking in Europe. Under the umbrella of the term “universal banking”, a wide variety of different models co-exist. What is common to them is their ability to serve the diverse needs of their client base which, in turn, reflects the great diversity of Europe's economies. Universal banks have not only been the financial foundation of the growth of Europe over the past decades, they have also proven resilient in the face of the various crises that engulfed Europe during that period, including the Great Recession of 2009 and thereafter. Yet, notwithstanding this resilience, the universal banking model in Europe has lately come under regulatory scrutiny. Plans for fundamental reform to Europe's banking system, like the Liikanen proposals, constitute a material threat to the universal banking model.


Download PDF Format


Footnotes

Les auteurs expriment ici leurs opinions personnelles, lesquelles ne reflètent pas nécessairement celles de la Deutsche Bank AG ou de la Deutsche Bank Research.

1   Voir, par exemple, Guinnane (2002) et Da Rin et Hellmann (2002) ; pour une appréciation critique, voir Edwards et Ogilvie (1996). Fait remarquable, bon nombre de champions industriels allemands d'aujourd'hui ont vu le jour au cours des premières décennies de l'industrialisation et ont été associés, dès le départ, à des banques universelles : Siemens, Krupp, Bayer, BASF…

2   Voir également Ang et Richardson (1994), Kroszner et Rajan (1994), Puri (1994 et 1996), Gande et al. (1997), Drucker et Puri (2005) et Schenone (2004).

3   Plusieurs raisons peuvent expliquer ces résultats : par exemple, des déséconomies d’échelle et de gamme peuvent intervenir et neutraliser tous gains d’efficience générés par la gestion d’un groupe bancaire diversifié. De plus, dans la période qui a précédé la crise, la plupart des banques n’avaient pas besoin de se démener pour obtenir une rentabilité impressionnante de leur capital, grâce à un marché financier et un marché du crédit florissants (ainsi qu’à des hauts niveaux de leviers). C’est seulement lorsque l’actuel climat de faible croissance s’est établi que la plupart des banques ont dû s’efforcer de limiter les coûts et de générer des profits décents – par conséquent, les avantages des banques universelles pourraient devenir plus visibles dans les années à venir.

4   Bien entendu, cela limite également les profits que peut générer une banque universelle en « période favorable » par rapport à ses pairs plus étroits.

5   Selon Ben Bernanke, président de la Federal Reserve, la crise financière récente a été « la pire crise financière de l'histoire mondiale, grande dépression comprise ». Voir Financial Crisis Inquiry Commission (2011, p. 354).

6   Conformément aux pratiques de l'industrie et des autorités de surveillance (qui impliquent un jugement d'analyste et ne se limitent pas à un simple exercice mécanique), nous considérons qu'une banque est « commerciale » lorsqu'elle n'exerce pas d'activités d'investissement notables. Toujours d'après cette définition étroite, les banques universelles peuvent à leur tour intégrer des opérations d'investissement assez importantes, de l'ordre de 20 % à 30 % de l'ensemble de leurs revenus, mais pas beaucoup plus. Si l'activité d'investissement domine l'ensemble des résultats du groupe (avec une part de revenu supérieure à 50 %), une institution est considérée comme étant une banque d'investissement. En même temps, cette classification n'exclut pas, cependant, que certaines banques, qui sont globalement considérées comme des institutions spécialisées, opèrent en tant que banques universelles typiques sur au moins quelques marchés.

7   Ces résultats sont tout aussi valables lorsqu'on regarde la performance ajustée du risque des actifs, pour expliquer d'éventuelles différences de levier et de prise de risque.

8   Le coût budgétaire direct final de la crise des caisses d'épargne américaines (estimé à l'époque à environ 124 Md$) a de loin dépassé celui du programme de sauvetage du secteur bancaire (une partie du plan Paulson) mis en place pendant la crise financière de 2008, ce qui pourrait résulter en un gain net pour les contribuables d'environ 25 Md$, même en tenant compte du coût de financement des dépenses pour le Trésor américain (Curry et Shibut, 2000 ; CBO, 2012). En Espagne, le sauvetage de 2012 de 39 Md€ mis en place par l'Europe et le FMI n'est devenu nécessaire que parce que les caisses d'épargne du pays ne pouvaient pas faire face aux énormes pertes sur les prêts liés à l'immobilier qu'elles avaient enregistrées à la suite de l'effondrement du marché immobilier.

9   Dans notre échantillon (assez représentatif), le marché facture une prime de CDS moyenne de seulement 22 points de base aux banques commerciales (dans deux cas, la prime de CDS est même inférieure pour une banque à celle son État), par rapport à 59 points de base aux banques universelles et 71 points de base aux banques d'investissement.

10   Voir aussi ISDA (2009).

11   Voir, par exemple, Kaya et Meyer (2013).

12   Le mandat du groupe et sa composition sont disponibles sur le site Internet de DG Markt : http://ec.europa.eu/internal_market/bank/structural-reform/index_en.htm.

13   Pour une discussion autour des propositions Vickers et Volker, voir Chow et Surti (2011).

14   Voir HLEG (2012, p. 99).

15   L'étude de référence est celle de Amihud et Mendelson (1986). Pour des sources plus récentes, voir Brennan et al. (1998) et Datar et al. (1998) pour les marchés des actions, Chen et al. (2007) pour les marchés des obligations.

16   Amihud (2002), par exemple, montre qu'une pénurie de liquidité touche plus durement les actions des petites entreprises que celles des grandes.

17   Les ratios « prêts/dépôts » varient considérablement entre les banques européennes, allant de 60 % à 250 %. La majorité des banques se situent dans une fourchette de 80 % à 150 % (cf. graphique 5 supra).

18   Dans ce contexte, il est intéressant de noter que les propositions de la commission Vickers, qui reconnaissent le problème potentiel d'un excédent d'épargne, confèrent aux banques une grande latitude dans le choix des actifs à isoler, offrant ainsi aux banques du Royaume-Uni une chance d'absorber l'excédent d'épargne.

19   Pour être juste, le rapport Liikanen appelle à des règles plus strictes en matière de prêts hypothécaires en général et à une intervention plus musclée des autorités de contrôle contre les envolées potentielles du crédit en particulier.

20   Voir aussi FMI (2013, p. 23).

21   Voir aussi Chow et Surti (2011, p. 31).

22   Un argument similaire est proposé par Schröder (2013, p. 22).

23   « En évaluant le secteur bancaire européen, le groupe a trouvé qu'aucun modèle commercial spécifique ne s'est comporté particulièrement bien, ni particulièrement mal, dans la crise financière. » (HLEG, 2012, p. 4).

24   FMI (2013, p. 31) arrive à une évaluation similaire en soutenant que « la séparation des activités bancaires n'aurait pas aidé à aborder certains des problèmes les plus graves de la crise ».

25   Pour être juste, le rapport Liikanen suggère d'aborder ces risques de façon très ciblée, par exemple en augmentant les pondérations de risque pour les expositions aux prêts hypothécaires résidentiels.

26   Voir Saunders et Walter (2013, p. 13).


Share email Share on Facebook Share on Twitter Share on Google+