Capital, Trust and Competitiveness in the Banking Sector

Thomas P. Gehrig Département de finance, université de Vienne. Contact : thomas.gehrig@univie.ac.at.


This paper provides an analysis of the Basle Committee. It argues that the whole process of capital regulation led to an unintentional erosion of capital and, ultimately, trust in the Continental European banking industry. Thus, the Basle process effectively has been successful in eliminating the competitive advantage of well capitalized banking systems of the early 1980s, especially those of Japan and Germany.

This is a surprising development since well capitalized banks historically did, and according to recent studies still do enjoy competitive advantages in their respective markets. Moreover, resiliency, stability and trust of depositors is largely based on stable balance sheets.

By way of concluding the paper argues in favor of strengthening bank balance sheets and in favor of rewarding solid financing strategies. Quantitative easing and expansive monetary policies effectively subsidize less subsidized competitors and reduce the taste for resilient balance sheets.


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Footnotes

Je tiens à remercier, pour les discussions et les commentaires sur cet article et ses versions précédentes, Sudipto Bhattacharya, Arnoud Boot, Ernst Eberlein, Charles Goodhart, Martin Hellwig, Hans-Helmut Kotz, Mike Mariathasan, Paul Pfleiderer, Raffael Repullo et Josef Zechner, ainsi que les participants au colloque bancaire de la London School of Economics (25e anniversaire du FMG), l'université de Vienne et les participants à la conférence « Crises financières du xxie siècle ». Des extraits de cette contribution ont été publiés en allemand dans un ouvrage publié en hommage à l'évêque Alois Schwartz (Gehrig, 2012).

1   Donc, dans cet article, je ne cherche pas à savoir dans quelle mesure la crise peut avoir été provoquée par la réglementation (inadéquate) et/ou cette politique elle-même.

2   Historiquement, les incohérences des politiques publiques peuvent avoir leur origine dans une séparation bureaucratique entre la politique fiscale et la politique monétaire. Manifestement, la plupart des économies occidentales ne disposent pas d'un instrument de coordination et de compétence supérieure capable de concilier les contradictions potentielles entre mesures d'urgence à court terme et politiques fiscales à long terme.

3   Boot (1996), par exemple, explique avec force le point de vue du professionnel sur le capital des banques.

4   Au début de la crise de 2007-2008, grâce à Bâle II, les banques d'importance systémique ont réussi à réduire leurs fonds propres de base à moins de 2 %. Bâle III exige maintenant 4,5 % de fonds propres, qui doivent être mis en place pour 2015. À partir de 2019, le capital requis est porté à 8 %. Les institutions financières d'importance systémique devront y ajouter un volant (buffer) additionnel de 2,5 % de fonds propres.

5   Comme l'a montré Gehrig (1998), les banques bien capitalisées peuvent avoir une plus grande propension à la transparence afin de protéger leurs profits et leurs volants de fonds propres. Les résultats de cette étude dépendent cependant de la microstructure du marché des prêts et des instruments de sélection et ne s'appliquent pas dans toutes les situations. D'un point de vue pratique ou réglementaire, il faudrait davantage d'information empirique pour permettre de formuler un jugement.

6   De même, Libertucci et Piersante (2012) montrent que la capitalisation est particulièrement importante pour améliorer la résilience des start-up bancaires.

7   Cet argument pourrait en fait être utilisé en faveur de subventions aux fonds propres des banques en raison de son externalité positive en période de crise. Plutôt que de subventionner la prise de risque, le contribuable aurait intérêt à favoriser la solidité et la résilience. Bien sûr, une telle hypothèse ne demanderait rien moins qu'une « petite révolution » dans les centres de réflexion des ministères des finances. Dans l'intérêt des contribuables, une politique fondée sur les résultats mériterait d'être envisagée.

8   Les observations de Mariathasan et Merrouche (2012) viennent confirmer les thèses de Haldane sur les périodes de crise, mais pas pour les périodes normales. Si les actifs pondérés du risque fonctionnent bien en période normale, ils sont plus sujets à manipulation en cas de difficultés et fournissent donc moins d'information dans les périodes de crise, quand des indicateurs efficaces sont le plus nécessaires.

9   Cette information provient d'un rapport mensuel des statistiques bancaires publié par la Bundesbank.

10   Voir aussi Jackson (1999).

11   Voir aussi Kane et al. (1990) et Wagster (1996, tableau II, p. 1327).

12   Dans son étude « A History of the Early Years 1974-1997 », Goodhart ne couvre que les premières années dont nous savons ex post qu'elles ont été dans l'ensemble sans problème. Délibérément, il n'entre pas dans les débats ultérieurs sur Bâle II et III. Mais au moins, la question de savoir si 2 % de fonds propres auraient rendu les banques d'importance systémique résilientes aura été évoquée. Il est possible que la crise de 2007-2008 ait suscité quelques inquiétudes au sujet des faillites bancaires, même au sein du Comité de Bâle.

13   Le discours public virulent contre des règles plus strictes dans Bâle III prouve que les banques d'importance systémique cherchent à éviter d'accepter des responsabilités sociales et de fournir des externalités positives.

14   Un certain nombre de commentateurs soutiendraient probablement que la migration des activités bancaires dans la shadow economy a été provoquée par la (mauvaise) réglementation qui, au fond, ferme les yeux sur les mécanismes économiques qui provoquent cette migration : la prise de risque et la transformation des maturités. Bien que formellement légales, ces vastes entreprises de contournement ont réussi à pervertir la « raison d'être » de la réglementation sous-jacente des marchés réglementés. Plutôt que d'éviter d'excessives transformations de maturité, les régulateurs ont accepté l'accumulation de disparités dans le secteur non réglementé dont ils ne souhaitaient pas avoir la responsabilité.

15   Il est réconfortant de voir que l'ambitieuse économie chinoise suit l'exemple suisse en allant au-delà des obligations de Bâle III et a accéléré sa mise en œuvre dès le début de 2013. Moins réjouissant, par contre, est le fait que les responsables américains de la (encore) première économie du monde refusent de mettre en œuvre Bâle III, comme ils avaient déjà refusé de rendre Bâle II obligatoire (Hellmann, 2012).


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