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Ethics in Microfinance

Reinhard H. Schmidt Professeur, Chaire « banque et finance internationales », université Goethe de Francfort, Allemagne. Contact : schmidt@finance.uni-frankfurt.de


This paper argues that despite its moral crisis, microfinance is still today socially, economically and morally valuable, provided that it is done properly, which requires that it is based on a clear commercial orientation and avoids excessive commercialization. Finally it places the specific debate about competing approaches to microfinance in the context of the general philosophical debate about what can be considered as ethically valuable human conduct.


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Footnotes

Professeur, chaire « banque et finance internationales », université Goethe, Francfort (Allemagne). Contact : schmidt@finance.uni-frankfurt.de.Cet article est une version actualisée et abrégée d'un article publié dans la revue en ligne Poverty and Public Policy, vol. 2, 2010. Une version antérieure de ce même article a été préparée à l'occasion d'une présentation à l'université Paris Dauphine en septembre 2011. Il a été en grande partie réécrit en avril 2012.

1   Comme Muhammad Yunus l'a justement souligné dans son discours de réception du prix Nobel (Yunus, 2006-2007, p. 285).

2   Des doutes concernant le rôle de la microfinance dans la réduction de la pauvreté ont déjà été exprimés, entre autres, par Morduch (1999).

3   À compter de 2002, la Grameen Bank a adopté un nouveau concept économique appelé « Grameen II » qui vise plus qu'avant à couvrir intégralement les coûts de ses activités. Peu de temps après, elle est devenue une institution rentable.

4   On peut trouver des données empiriques démontrant les effets positifs du secteur financier sur la croissance économique dans plusieurs publications de Ross Levine, dont Levine (2005).

5   Voir également Easterly (2001) pour une critique pertinente de l'absence de fondement théorique de cette politique.

6   Voir également Morduch (2000) qui décrit de manière frappante ce qu'il appelle « le schisme de la microfinance ».

7   Par exemple, Woller et al. (1999) utilisent ce terme.

8   Il doit sa réputation en particulier à son livre majeur, Finance at the Frontier, publié en 1991.

9   À cette époque, le débat portait sur les mérites de trois technologies de prêt. Il s'agissait (1) d'accorder des prêts à de petits groupes, système appelé « prêts collectifs », (2) d'accorder des prêts à de plus grands groupes chargés de les répartir entre les membres du groupe, système appelé « banques villageoises », et (3) de prêter à des propriétaires individuels de petites entreprises et à d'autres clients pauvres.

10   Pour une description des principaux types de projets d'aide au développement utilisés pour créer des IMF, consultez la sous-partie « De nouvelles façons de créer des IMF » (infra).

11   Les positions critiques de Hulme et Mosley (1996) et Woller et al. (1999) sont particulièrement directes et également dignes d'intérêt, étant donné que les auteurs étaient les rédacteurs en chef de deux revues éminentes dans ce domaine dans les années 1990, Journal of International Development et Journal of Microfinance. Woller et ses coauteurs attaquent explicitement l'approche commerciale. Ils expriment de sérieuses « inquiétudes à propos de la direction dans laquelle ils [partisans de l'approche commerciale] essaient de pousser le secteur [de la microfinance] » et mentionnent la Grameen Bank comme « l'exemple le plus remarquable » du seul type d'IMF qu'ils considèrent adapté sur le plan de l'éthique et du développement.

12   En revenant sur la stratégie de montée en gamme des dix dernières années, Nair et Von Pischke (2007) ont tiré la même conclusion.

13   La troisième approche pour créer une institution qui accorderait de petits crédits aux clients pauvres et aux petites entreprises, et qui n'est pas explicitement traitée dans le présent article, est appelée « descente en gamme ». Elle consiste tout d'abord à convaincre une banque existante qu'accorder de petits et très petits prêts peut être une activité viable pour elle, puis à utiliser les fonds de l'aide au développement pour la soutenir dans la création d'une division pour les petites entreprises fonctionnant essentiellement comme une IMF indépendante.

14   Des informations à propos d'ACCION, IPC et PCH et les réseaux de banques de microfinance affiliés à ACCION et PCH sont disponibles sur leurs pages d'accueil respectives. PCH n'appelle désormais plus les banques de son réseau « banques de microfinance », mais plutôt « banques pour petites entreprises » ou « banques de proximité ».

15   Un épisode de ce type s'est produit en Bolivie à la fin des années 1990. Il est décrit de façon frappante par Rhyne (2001).

16   Voir Epstein et Smith (2007).

17   Quatre de ces cas sont comparés et analysés dans Lieberman et al. (2007), le cas indien s'est produit ultérieurement.

18   Tous les chiffres mentionnés ici sont issus de l'évaluation minutieuse de l'introduction en Bourse de Compartamos par Richard Rosenberg, membre du CGAP (Rosenberg, 2007). La documentation aussi détaillée sur cette introduction en Bourse publiée par ACCION (2007) propose une évaluation très différente de celle de Rosenberg, mais ne donne aucune raison de douter des chiffres de Rosenberg.

19   Le coefficient de capitalisation des résultats des actions de Compartamos au moment de l'introduction en Bourse était proche de 25. En général, les ratios « cours/valeur comptable des banques cotées » se situent entre 1 et 2 (et actuellement encore moins) et leurs coefficients de capitalisation des résultats entre 10 et 20.

20   À la fin de l'année précédant l'introduction en Bourse, le portefeuille de crédits de Compartamos représentait à peine plus de la moitié de celui de la Grameen Bank et seulement un huitième de celui de l'ensemble du groupe PCH.

21   Un simple calcul présenté dans Schmidt (2010) montre que la valeur élevée de Compartamos au moment de l'introduction en Bourse était essentiellement le reflet du transfert de richesse effectué en maintenant des taux d'intérêt élevés après le pic d'inflation.

22   Cette information est fournie dans ACCION (2007, p. 10) et confirmée dans Lieberman et al. (2007, p. 32).

23   Muhammad Yunus a exprimé son fort désaccord à plusieurs reprises. Le Business Week en ligne du 12 décembre 2007 est l'une des sources : « Microcredit was created to fight the money lender, not to become the money lender. » [Le microcrédit a été créé pour lutter contre les usuriers, pas pour que nous devenions des usuriers].

24   Pour plus de détails, et en particulier les chiffres mentionnés dans cette partie, voir Chen et al., 2010.

25   Pour une étude récente, voir Roodman (2012, pp. 268-286).

26   Ce blog peut être consulté sur le site : http://microfinance.cgap.org/tag/chuck-waterfield/. L'article date du 18 octobre 2010. L'inquiétude de Chuck Waterfield fait écho à celle exprimée par Muhammad Yunus trois années plus tôt lors de l'entrée en Bourse de Compartamos.

27   Cette déclaration en date du 11 février 2011 peut également être consultée sur le site : http://microfinance.cgap.org/author/Milford-Bateman.

28   Je connais bien ce cas car j'ai été membre du conseil de surveillance de PCH pendant cinq ans.

29   L'un des indicateurs de cette réussite est le fait que si PCH vise à réaliser des profits, le groupe limite néanmoins ses aspirations à un rendement des capitaux propres de 15 % (PCH, 2012, p. 93).

30   Quelques remarques disséminées sur la page d'accueil de PCH donnent des informations relatives à l'introduction en Bourse envisagée par PCH. Celle-ci nécessitait au préalable la création d'une banque ProCredit allemande, institution qui ferait l'objet d'une surveillance consolidée du groupe à l'échelle de l'UE. L'autorité allemande BAFin a accordé l'autorisation d'ouvrir cette institution en décembre 2011 et l'institution allemande, appelée « ProCredit Bank AG », a commencé ses activités auprès du grand public en mars 2013.

31   Ou de SKS Microfinance.

32   Pour le principal argument, voir Schelling (1960). Thomas Schelling a reçu le prix Nobel d'économie en 2005 pour l'essentiel de ce travail. Dans un ouvrage ultérieur (Schelling, 1984, p. 57), il explique le principe de préengagement en utilisant l'exemple d'Ulysse qui souhaitait, par tous les moyens, entendre le chant mélodieux des sirènes, mais ne voulait pas risquer la mort, pour lui comme pour son équipage, sur les falaises abruptes de l'île des Sirènes, comme cela avait été le cas pour tous ceux qui avaient entendu le chant des sirènes avant lui. Pour un compte rendu, voir Schmidt (2010). Comme je l'indique ici, Ulysse a trouvé un moyen de s'engager à ne pas faire ce qu'il savait qu'il voudrait vraiment faire par la suite.

33   Le dernier rapport annuel disponible indique que les propriétaires et les dirigeants de PCH prévoiraient toujours une introduction en Bourse ultérieurement et, dans ce contexte, essayent de limiter les droits de décision des nouveaux actionnaires en vue de préserver l'approche de l'institution en faveur du développement (PCH, 2012).

34   Une analyse de ces études figure dans Roodman (2012, chapitre 6). Les propres calculs de Roodman tendent à soutenir la position sceptique exposée dans les travaux qu'il étudie.

35   Le terme Gesinnungsethik a été inventé par Max Weber. Le texte de Weber, datant de 1919, est souvent interprété comme impliquant que le concept de Gesinnungsethik trouve son origine chez Kant, même si Weber ne mentionne pas Kant. Savoir s'il s'agit d'une représentation fidèle de la position de Kant, et même si Weber l'a réellement attribuée implicitement à Kant, fait toujours l'objet d'un débat parmi les philosophes allemands. Mais ce débat importe peu pour l'argument que j'expose ici car il y a une chose qui ne fait pas controverse : la position que Weber aurait ou non attribuée implicitement à Kant était et, dans une certaine mesure, est toujours soutenue par la population éduquée en Allemagne comme dans d'autres pays européens.

36   Par exemple, voir le discours de réception du prix Nobel de la paix par Muhammad Yunus (2006-2007). Même si ce discours s'adressait à un public de non-professionnels, l'axe de nombre de ses discours adressés à des experts de la microfinance au fil des ans est étonnamment similaire.

37   Mais voir la remarque sur Grameen 2 dans la note 3 supra.


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