The Chinese Economic Footprint in Africa

Jean-Raphaël Chaponnière Chercheur associé, Asia Centre et Asie21 (Futuribles). Contact : chaponniere@wanadoo.fr.


This article assesses the economic and financial footprint of China in Africa. Bilateral trade relations have been a win-win relations for oil and mining African producers which have benefitted from the rise in prices and the diversification of their markets; in the years to come, other countries may benefit from Chinese demand. As investors, Chinese focus on mining and oil and their venture into manufacturing is still limited. Chinese firms are well established on the African construction market where they benefit from Chinese credit backing. In less than ten years, China rose to be the largest financier of Africa however its financial footprint remains “offshore” as its credit do not transit by African banks. One assist at the increasing use of the Yuan in bilateral transaction. In its conclusion, the article designs a synthetic indicator of Chinese economic foot print which is related to African economic growth.


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Footnotes

1   En volume, les exportations africaines sont restées constantes entre 2005 et 2014, alors que le commerce mondial a progressé de 40 % et celui d’Asie de l’Est de 150 % (http://unctadstat.unctad.org).

2   La Chine est le premier partenaire commercial de la plupart des pays asiatiques et la multiplication des filiales japonaises et coréennes en Chine s’accompagne de la baisse (relative) des échanges du Japon et de la Corée du Sud avec l’Afrique.

3   Il faudrait intégrer un commerce « à la valise » assez important et les importations qui transitent par Dubaï.

4   La part de la rubrique HS 98 (non spécifié) dans les exportations vers la Chine est passée de 1 % en 2007 à 26 % en 2013, une hausse qui, selon Sandrey et al. (2013), serait le fait des exportations d’or.

5   Il n’existe pas de statistiques sur les échanges de services entre la Chine et l’Afrique. Il est probable que les dépenses des touristes chinois, encore peu nombreux en Afrique, ne compensent pas le déficit du poste transport. On ne dispose d’aucune information sur les transferts privés, dont les transferts des migrants chinois – autour de 1 million – qui, comme le montrent plusieurs enquêtes, épargnent pour investir en Chine.

6   Heap (2005) définit le super cycle comme une tendance prolongée à l’augmentation des prix réels des matières premières causée par l’urbanisation et l’industrialisation d’une « grande économie ».

7   On recensait 1 000 forages miniers en cours en octobre 2011, 700 un an plus tard et 250 en juin 2013 selon la société IntierraRMG (www.intierrarmg.com/Homepage.aspx).

8   Bien que les producteurs africains aient été souvent victimes du dumping chinois, leurs gouvernements n’ont jamais adressé une plainte contre la Chine à l’OMC (Organisation mondiale du commerce), comme le remarque le sous-gouverneur de la banque centrale du Nigeria, Kingsley Chiedu Moghalu, dans son livre (Moghalu, 2014).

9   Ces règles d’origine sont plus souples que l'« initiative des Caraïbes » : elle avait éliminé les tarifs sur les articles confectionnés à partir de tissus américains ou locaux.

10   Cette progression s’explique par la chute des prix provoquée par l’abandon des quotas. En effet, le droit d’exporter un article sensible – comme les t-shirts – se négociait à un prix proche qui pouvait être aussi élevé que celui de l’article.

11   Selon le Kenya National Bureau of Statistics (KNBS), l’emploi formel manufacturier n’a pas évolué depuis 1990 et sa part dans l’emploi total a été ramenée de 2 % à 1,6 %, tandis que l’emploi manufacturier informel a quintuplé, passant de 300 000 à 1,6 million, et sa part dans l’emploi a doublé de 5,5 % à 11,5 %. Dans le cas de 19 pays africains, la part de l’emploi dans l’agriculture a diminué de 10,6 points au bénéfice du secteur manufacturier (2,15 points) et des services (8 points).

12   Selon les statistiques chinoises, l’Afrique (avec 4 Md$) aurait été la destination de moins de 20 % de l’investissement dans les mines.

13   Selon les statistiques du Mofcom, les trois quarts des IDE chinois se destinent à Hong Kong et aux paradis fiscaux, et ces destinations servent de tremplin pour les entreprises qui investissent ailleurs.

14   L’investissement chinois au Nigeria est évalué à 6 Md$ par les statistiques nationales.

15   Voir respectivement les sites : www.pairault.fr/sinaf et www.chinaafricarealstory.com.

16   On évoque souvent les 2 000 entreprises chinoises en Afrique, les entreprises françaises présentes sur le continent sont 30 fois plus nombreuses.

17   Ainsi, après enquête, l’acquisition par ZTE de 2 millions d’hectares en RDC se révèle être un projet portant sur 10 000 hectares qui n’a pas été réalisé.

18   Conférence « China’s Agricultural Investment in Africa: ‘Land Grabs’ or ‘Friendship Farms’? », 16 mai 2014, Johns Hopkins University’s, http://webcast.jhu.edu/Mediasite/Play/ed256c373290411c8e78e40d0a0068fd1d.

19   Les pays africains exportent des grumes en Chine et du bois transformé (sciages, placages-déroulages et contreplaqués) vers l’Europe ; cela favorise une exploitation forestière peu sélective tout en maintenant les exportateurs au stade de l’extraction primaire (Kaplinsky, 2010). En exigeant – exemple du Gabon – une première transformation en Afrique, les gouvernements africains susciteront l’implantation d’usines chinoises.

20   Les entreprises chinoises réaliseraient moins de 10 % de l’investissement (source professionnelle). Le recensement des projets miniers par Rosenau et al. (2009) montre qu’ils se situent pour la plupart en dehors d’Afrique (Amérique latine et Asie) et qu’ils sont menés par des sociétés minières occidentales.

21   Des entrepreneurs ont investi dans la création de zones industrielles en Afrique du Sud, Botswana, Nigeria, Ouganda, Sierra Leone, Ghana et Kenya.

22   La zone de Dunkem accueille une vingtaine d’entreprises dont une d’assemblage de voitures (3 000 par an), une filature, une cimenterie et une biscuiterie, et elle emploie 4 200 salariés en 2014.

23   La zone de Jin Fei (Maurice) a été ouverte aux investisseurs mauriciens, faute d’investisseurs chinois.

24   La place des infrastructures dans l’aide a chuté de 40 % en 1975 à moins de 5 % en 2005 (Chaponnière, 2009b). Ce désengagement s’explique par les « éléphants blancs » et également par l’accord d’Helsinki entre bailleurs, analysé par Paquement (1998), qui souhaitaient éviter une concurrence pour le financement de ce type de projets qui, on l’espérait, serait réalisés dans des accords de partenariat public-privé.

25   L’activité de ces entreprises amène à surévaluer le rôle de la Chine en Afrique auprès du grand public car on attribue à la Chine le financement des projets qu’elle réalise pour le compte des autres bailleurs.

26   À propos du contrat RDC, voir Jansson (2013).

27   L’aide a culminé en 1975 avec la construction du chemin de fer reliant la copper belt zambienne à Dar Es Salam.

28   Pour la première fois en 2011, la Chine a publié un livre blanc sur l’aide qui fournit les premières données officielles sur les types de financements, les secteurs d’activité et la géographie de l’aide chinoise (Xinhua News, « China’s Foreign Aid », 21 avril 2011, http://news.xinhuanet.com/english2010/china/2011-04/21/c_13839683.htm).

29   Voir le site : www.chinainafricatherealstory.com.

30   Une note de travail de la Jaica (Kitano et Harada, 2014) indique le montant des crédits non concessionnels de l’ExIm depuis 2000.

31   Pour évaluer l’encours, on a fait une hypothèse d’amortissement linéaire sur quinze ans des prêts décaissés depuis.

32   Soit la moitié du montant cumulé des prêts chinois à l’Afrique par Aiddata (sur la base des décaissements annoncés).

33   Voir le tableau 6A (page A 30) des statistiques de la BRI, mars 2014.

34   Ministry of Finance, Public Sector Debt, Statistics Bulletin, n° 11, 2008/2009-2012/2013 ; Debt Management Directorate, Ministry of Finance & Economic Development, Federal Democratic Republic of Ethiopia, Addis Ababa, septembre 2013.

35   Source : Debt Management Office.

36   Parmi les autres implantations financières, on peut citer China Tong Jian Investment, facilitateur d’investissements présent au Mozambique (lié à la fondation Morgan, Neptune Orient – cf. CCCE, p. 80), Bank of China et Nedbank, achat de services à l’implantation. Plus récemment (mars 2014), la China Development Bank, la Société générale et Barclays ont signé un accord de coopération pour la corporate finance et la banque de détail en Afrique (The Beijing Axis, avril 2014).

37   Voir le site : www.un.org/africarenewal/magazine/august-2014/chinese-yuan-penetrates-african-markets#sthash.XWISNDfP.dpuf.


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