Fundamental Criticism on SRISK

Franck Bancel ESCP Europe. Contact : bancel@escpeurope.eu
Nicolas Darbo Accuracy. Contact : nicolas.darbo@accuracy.com
Henri Philippe Accuracy. Contact : henri.philippe@accuracy.com


The SRISK measures the need for recapitalization of a financial institution conditional to a market shock of great importance. Widely disseminated in the academic community, in professional circles (financial analysts, economic research services, regulators, etc.) and in some mainstream media, the SRISK is posted for a large number of financial institutions with regular updates on web sites. In this paper, we present some weaknesses that are strong limits of the SRISK model. They concern in particular the lack of definition of the “k” ratio, applying the same approach to fundamentally different financial institutions and taking into account the market value of equity in a prudential framework. At the confluence of macroeconomics, finance and regulation, the measurement of systemic risk cannot be based on a single criterion uniformly imposed to all financial institutions. At this stage of its development, SRISK cannot be used to define normatively capital requirements of financial institutions.


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Footnotes

Dans le cadre de l’une de ses missions, le cabinet Accuracy a été amené à s’interroger sur les conditions dans lesquelles le SRISK pourrait être appliqué pour mesurer la contribution au risque systémique. Cet article vise à étendre ce travail dans la sphère académique et à contribuer ainsi au débat scientifique et public. Il a été présenté dans des séminaires académiques et professionnels. Nous remercions l’ensemble des académiques et des professionnels qui nous ont aidés à élaborer cet article et plus particulièrement le professeur Didier Marteau, Jean Baptiste Bellon (Trapeza) et Mamikon Margaryan (Accuracy), ainsi que les deux rapporteurs anonymes dont l’aide nous a été précieuse.

1   À titre d’exemple, l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), le FMI (Fonds monétaire international) et l’ESRB (European Systemic Risk Board) font référence au SRISK dans différents documents de travail (Laeven et al., 2014 ; Schoenmaker et Peek, 2014).

2   Le SRISK peut également être présenté de la manière suivante : SRISK = max [0 ; k × dette – (1 – k) × (1 – LRMES) × Ve]. Nous utilisons plus loin cette définition pour montrer l’importance du ratio k et du levier financier dans le calcul du SRISK.

3   Les fréquences d’observations ne sont cependant pas les mêmes. La valeur de marché des fonds propres est quotidiennement observée, alors que le montant comptable de la dette n’est publié au mieux que trimestriellement.

4   Brownlees et Engle (2012) ont montré que le ratio market-to-book affecte négativement le SRISK.

5   Les calculs du SRISK proposés dans les deux sites ne sont pas parfaitement homogènes. Des méthodologiques différentes (de modélisation ou encore de traitement des groupes mutualistes) expliquent ces différences. Cela étant, la hiérarchie des banques en termes de SRISK et les besoins en capital sont très similaires.Nous avons converti en euros les données du V-Lab sur la base du cours de change du 14 mars 2014 (1 dollar = 0,7187 euro) afin de faciliter la comparaison avec le CRML.

6   Le SRISK cumulé moyen des établissements européens de 2000 à 2007 est environ 4,5 fois inférieur à sa moyenne calculée sur la période 2008-2014. Malgré une baisse observée depuis le début de 2012, le SRISK moyen demeure encore élevé si l’on considère son niveau d’avant-crise.

7   En effet : 5,5 % [(dette + (1 – 40 %) × Ve)] – (1 – 40 %) × Ve = 0 ⇒ (Ve + dette)/Ve = 11,31.

8   Rappelons qu’il s’agit d’un levier financier mesuré en valeur de marché, c’est-à-dire dépendant d’un cours de Bourse très volatil en période de crise et fondé sur la valeur actuelle des cash flows futurs.

9   Sachant par ailleurs que la question majeure est d’évaluer la probabilité de certains événements extrêmes qui pourraient significativement affecter les résultats.

10   Le point crucial est donc la crédibilité de la communication financière de l’institution.

11   L’autre critère de performance majeur est le risk adjusted return on capital (RAROC) qui tient compte du risque de pertes inattendues à un seuil de confiance donné.

12   À titre d’exemple, quinze mois avant la faillite, la valeur de marché des fonds propres de Lehman Brothers était environ égale à deux fois la valeur de ses fonds propres comptables. Le marché intégrait alors une très importante création de valeur. Trois mois avant sa faillite, la valeur de marché des fonds propres de Lehman Brothers était encore supérieure à leur valeur comptable et une semaine avant, l’action de Lehman Brothers s’échangeait à 16 dollars. Il est évident que les opérateurs de marché n’ont compris que très tardivement la situation dramatique dans laquelle se trouvait la banque.

13   La relation entre la détention de capital et le risque n’est d’ailleurs pas triviale. Comme l’ont montré les travaux de Kim et Santomero (1988) et de Rochet (1992) présentés plus loin, davantage de capital ne conduit pas forcément à limiter la prise de risque.

14   Le SRISK ne traite pas une question qui devient pourtant fondamentale en cas de situation de stress et qui concerne la valeur de la dette. Si l’on peut considérer sous certaines hypothèses que valeur de marché et valeur comptable d’une dette sont proches dans une situation économique stabilisée, la valeur de marché doit en revanche diminuer en situation de stress généralisée.

15   « L’accord initial de Bâle I a été fortement critiqué, car il ne tenait pas compte du risque de marché. De plus, il était très conservateur pour le risque de crédit car il oubliait les possibilités de diversification des risques et du netting des positions, c’est-à-dire des raccordements entre les échéances des positions longues et courtes. » (Dione, 2013).

16   Acharya et al. (2012) estiment la LRMES sur six mois d’un établissement à partir d’une mesure de sa MES (marginal excepted shortfall) journalière. Définie par Acharya et al. (2010), la MES est la contribution marginale d’un établissement financier au risque systémique.Le calcul de la LRMES est effectué grâce à l’approximation suivante : LRMES = 1 – exp(–18 × MES), Acharya et al. (2012).

17   La présence dans les indices boursiers de valeurs bancaires et financières est notamment une question majeure.

18   Le SRISK permet cependant d’identifier des cas déviants, ce qui donne une information spécifique par rapport à la moyenne de l’échantillon.

19   Si l’on considère une LRMES moyenne de 40 % et un levier médian de l’échantillon (dette + Ve)/Ve égal à 24,5, le SRISK devient alors : (5,5 % × dette) – (1 – 5,5 %) (1 – 40 %)Ve = 5,5 % (24,5 – 1) – (1 – 5,5 %) (1 – 40 %) × 1. Le premier terme, c’est-à-dire le levier, représente alors environ 70 % du total.


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