Green Bonds and the Development of a 2°C Finance

Zoe Knight Directrice de la stratégie face au changement climatique, HSBC. Contact : zoe.knightshsbcib.com.


It is difficult to allocate capital consistent with ensuring that temperature will rise to less than 2°C as agreed in Copenhagen in 2010. However, a combination of factors are aligning and may provide the right environment for 2°C finance (the financing of a 2°C world) to gain momentum. The development of green bonds is a prime example of this shift.


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Footnotes

L’auteur tient à remercier Jean Boissinot pour son aide dans la rédaction de cet article.

1   Nous pensons que le GIEC (2014b) propose l'estimation la plus complète à ce jour dans son rapport d'évaluation de l'atténuation. Il estime que 343 Md$ à 385 Md$ ont été dépensés annuellement dans les activités liées au climat, principalement à des fins d'atténuation, entre 2010 et 2012, dont 95 % consacrés à l'atténuation et 5 % aux activités d'adaptation.

2   Par exemple, la construction d'une usine industrielle peut coûter au total 50 M$, dont 5 M$ pour des composants spécifiques permettant de la rendre très efficace en termes de ressources et d'énergie. Certains financiers vont considérer que seuls les 5 M$ relèvent de la « finance 2 °C » ; d'autres expliqueront que l'ensemble des coûts de l'usine (50 M$) relève de la « finance 2 °C », car les composants spécifiques rendent l'ensemble de l'usine bien plus efficace.

3   Le GIEC estime qu'une réduction de 40 % à 70 % des émissions annuelles de GES d'ici à 2050 par rapport aux niveaux de 2010 est compatible avec une grande probabilité (de plus de 66 %) de maintenir l'augmentation des températures sous la barre des 2 °C. Dans la mesure où le dioxyde de carbone (CO2) représente 80 % des GES et où 80 % du CO2 provient de l'énergie, il est possible d'estimer, pour une grande partie de la répartition des capitaux dans le secteur énergétique, dans quelle mesure elle est compatible avec la « finance 2 °C ».

4   Il est additionnel s'il garantit une réduction supplémentaire des GES par rapport au statu quo ou à un scénario de référence. Le concept d'additionnalité est certes séduisant, mais il est en réalité sujet à interprétation, car il convient de définir précisément le scénario de référence.

5   Déterminer l'impact d'un projet individuel sur l'effort global signifie que tous les efforts d'atténuation doivent être agrégés au niveau mondial, que les bénéfices des projets individuels doivent être comparés au total des émissions, avant de déterminer s'ils sont compatibles avec le seuil maximal de 2 °C visé.

6   Selon le GIEC (2014a), « les pertes s'accentuent en présence d'un réchauffement plus important », bien que la relation ne soit pas linéaire, car la manière dont les événements se produiront à des températures plus élevées (autrement dit le risque extrême) est moins claire. Par conséquent, plus le réchauffement sera important, plus les impacts seront élevés, mais cela reste difficile à quantifier.

7   Le plus souvent, l'intégration d'une résilience supplémentaire (par exemple, pour résister à +3 °C au lieu de +2 °C) coûte davantage aujourd'hui et les coûts sont supportés en amont. Par exemple, la construction d'un pont capable de supporter une tempête tous les vingt-cinq ans (c'est-à-dire plus intense et plus grave, avec plus d'inondations) coûte davantage aujourd'hui qu'un pont capable de supporter une tempête tous les dix ans.

8   Par exemple, le plan à cent ans visant à protéger l'estuaire de la Tamise à Londres place l'« adaptation au changement climatique en son centre » plutôt que le risque d'inondation en général.

9   Même si la qualification de « finance verte » existe depuis plus longtemps que la « finance 2 °C », elle souffre également d'un problème de définition : il n'existe pas de définition largement acceptée de ce que l'on qualifie de « vert », bien que certaines questions telles que la dépollution soient qualifiées d'environnementales de manière plus évidente que d'autres.

10   Par exemple, une usine de traitement des eaux usées (qui améliore à certains niveaux la qualité des effluents) peut être qualifiée d'environnementale car elle dépollue. Cependant, à moins de traiter les émissions de l'effluent ou de préparer la réponse aux conséquences de températures plus élevées et aux pénuries d'eau en garantissant que l'usine est située dans un lieu compatible, il ne s'agit pas d'un projet 2 °C.

11   Une centrale nucléaire émettant 0 tonne de CO2/kWh permet de réduire les émissions et peut être considérée comme compatible avec un monde à +2 °C. Toutefois, les problèmes liés aux déchets nucléaires et aux facteurs sanitaires font que les centrales nucléaires ne sont généralement pas considérées comme écologiques.

12   Différentes organisations ont tenté de chiffrer le coût de la réduction des émissions.En 2007, la CCNUCC (2007) estimait qu'« il faudra à l'échelle mondiale de 200 Md$ à 210 Md$ d'investissements pour ramener les émissions de GES aux niveaux actuels » (26 Gt de CO2). Elle ne fournissait aucun chiffre agrégé pour l'adaptation car « les mesures d'adaptation au changement climatique seront généralisées et hétérogènes ». L'évaluation de l'adaptation est plus précise aux niveaux régional et local.En 2010, la Banque mondiale (2010) concluait que le coût d'adaptation à un monde plus chaud de 2 °C était de 70 Md$ à 100 Md$ par an entre 2010 et 2050, mais que ces « coûts pouvaient être plus élevés, dès lors que l'on tenait compte des impacts sectoriels ».En 2013, le WEF (2013) estimait que « les investissements supplémentaires nécessaires pour relever le défi climatique, pour les infrastructures destinées aux énergies propres, le transport durable, l'efficacité énergétique et la sylviculture, s'élèvent à environ 700 Md$ par an ».Enfin, McCollum et al. (2013) ont déterminé que « les politiques compatibles avec un objectif de changement climatique de 2 °C nécessiteraient... 800 Md$ par an ».La variété des études et des estimations indique qu'il existe de nombreuses manières de calculer le coût du maintien des températures à un niveau bas et de la préparation aux conséquences du changement climatique. Les valeurs fournies dépendent clairement des hypothèses formulées autour de la croissance économique, de la rapidité des mesures d'efficacité énergétique et des taux de décarbonisation.

13   Le FMI (2013) a analysé les subventions au sein de 176 pays et a déterminé que sur une base hors taxe (où le prix payé par les consommateurs était moins élevé que le prix de référence ou de recouvrement des coûts), les subventions globales aux combustibles fossiles s'élevaient à 480 Md$ en 2011. Cependant, après impôt (et en prenant en compte les externalités négatives telles que la santé et la pollution), la subvention mondiale atteint 1 900 Md$.

14   L'Agence internationale de l'énergie (AIE) estime que l'appui financier aux énergies renouvelables en 2012 s'élevait à 101 Md$, soit environ un cinquième des 544 Md$ de subventions que les combustibles fossiles ont reçu la même année.

15   Par exemple, au sein de l'Union européenne, on estime que la directive sur l'efficacité énergétique (2012) rapportera 17 % d'économies d'énergie d'ici à 2020, ce qui devrait se traduire par des coûts énergétiques moindres.

16   Par exemple, s'attaquer aux sources de pollution en Chine permettra de s'attaquer du même coup au changement climatique. Sinon, s'attaquer au changement climatique par la politique et l'innovation pourrait comporter d'autres bénéfices connexes tels que la réduction des coûts sanitaires (puisque les sources de pollution et du changement climatique sont similaires).

17   Pour information, 6 500 Md$ ont été dépensés pour la santé en 2010.

18   La Global Investor Coalition on Climate Change rassemble quatre groupes en Asie-Pacifique, en Europe et en Amérique du Nord, dont les membres disposent de plus de 20 000 Md$ d'actifs gérés. Ces groupes (l'IIGCC en Europe, l'INCR aux États-Unis, l'IGCC en Australasie et l'AIGCC en Asie) se sont engagés à « encourager les investisseurs à intégrer pleinement le changement climatique dans les pratiques d'investissement » et à « faciliter les investissements sobres en carbone par les investisseurs institutionnels ». D'autre part, les Principes pour l'investissement responsable soutenu par les Nations unies ont été adoptés par 1 228 signataires avec 35 000 Md$ d'actifs gérés. L'un des engagements clés des signataires est d'intégrer les facteurs ESG dans la gestion de toutes les catégories d'actifs. Pour les revenus fixes, cela implique de s'intéresser à l'évaluation des risques ESG, ainsi qu'à l'ouverture aux allocations sur les obligations thématiques qui satisfont leurs objectifs financiers.

19   Ces principes ont été adoptés par un groupe de banques internationales (parmi lesquelles Bank of America Merrill Lynch, Citi, Crédit Agricole Corporate and Investment Banking, JPMorgan Chase, BNP Paribas, Daiwa, Deutsche Bank, Goldman Sachs, HSBC, Mizuho Securities, Morgan Stanley, Rabobank et SEB).

20   Green Use of Proceeds Bond : obligation dont les recettes sont utilisées à des fins environnementales (pour laquelle les recettes sont placées dans un sous-portefeuille – d'où le cantonnement – ou suivies pour garantir leur allocation à des investissements éligibles. Mais le détenteur de ce type d'obligations a recours à l'émetteur en cas de défaut, à l'instar d'une obligation classique).
Green Use of Proceeds Revenue Bond : obligation dont les recettes issues de la vente sont utilisées à des fins environnementales (identiques à la Green Use of Proceeds Bond, excepté que l'investisseur n'a pas recours à l'émetteur, mais peut prétendre à un flux de trésorerie garanti).
Green Project Bond : obligation portant sur un projet vert (exposition directe à un projet vert spécifique).
Green Securitised Bond : obligation sécurisée verte (garantie par un ou plusieurs projets verts).


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