Loans Repayments in Households’ Savings

André Babeau * Professeur honoraire des Universités. Contact : andre.babeau@free.fr.


For more than 200 years loans repayments have been the forgotten component of households savings. However the effects of debt on households consumption have become an important issue in the aftermath of the Great Recession. Such a long omission is mainly due to the lack of data. Loans repayments are not included in national accounts. As for France, a new estimate indicates that “reals” repayments – those not financed by new loans – amount to around 40 % of the households’ annual savings flow. Gathering numerous and still lacking information is needed to confirm this estimate. Only when central banks publish long temporal series of “real” and “false” repayments, will original econometric works improve significantly the knowledge of economic and financial households’ behaviour.


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Footnotes

Cet article a bénéficié d'une relecture très utile de Françoise Charpin, professeur émérite à l'université Paris II.

1   Une synthèse des principaux apports dans ce domaine est présentée au chapitre III de Babeau (2011).

2   Ainsi, au chapitre III de FMI (2012), consacré à l’endettement des ménages, les auteurs soulignent qu’au cours des trois dernières décennies, les pays avancés qui ont connu une forte augmentation du passif des ménages avant le retournement de l’activité font ressortir ensuite une plus forte contraction de la consommation des ménages. En France, dans une étude de la COFACE consacrée aux nouveaux consommateurs asiatiques (21 octobre 2013), les auteurs font remarquer que le niveau très élevé d’endettement des ménages observé à la fin de 2012 dans des pays comme la Malaisie, la Corée du Sud, Singapour et même la Thaïlande est de nature à freiner à l’avenir leur consommation « quand les ménages prendront conscience du poids du service de la dette ». La liaison est en réalité plus mécanique que psychologique et peut être énoncée plus simplement : le poids des remboursements gonfle en comptabilité nationale l’épargne des ménages, ce qui, toutes choses égales par ailleurs, fait baisser la consommation.

3   Sur l’effet dépressif du désendettement des ménages, on pourra aussi consulter Eggertsson et Krugman (2011).

4   Compte tenu des différentes sources dont sont tirées, en comptabilité nationale, variables réelles et variables financières, le rapprochement de ces deux types de variables comporte toujours un « ajustement » que nous omettrons provisoirement dans la relation (1).

5   Ces variations d’actifs non financiers comprennent également les rubriques P52 (variation de stocks) et P53 (acquisitions nettes d’objets de valeur), mais ces deux dernières rubriques sont, tout spécialement en France, de faible importance par rapport à la FBCF du secteur ; aussi, dans ce qui suit, pour la simplicité de la présentation, les avons-nous omises.

6   On rappellera que les intérêts associés à ces emprunts sont considérés comme une dépense de consommation.

7   Dans cette relation, en toute rigueur, à côté de l’épargne (Eb), il faudrait faire apparaître les transferts nets de capital à recevoir et à payer (Eurostat, 1996, tableau III.1.1, p. 376). Cependant, cette prise en compte n’a généralement qu’une faible influence sur la variable considérée (soit une diminution de 2 % à 3 % de l’épargne brute). Pour plus de simplicité, de même que dans les emplois, nous avons pris en compte la seule FBCF et non la totalité des acquisitions d’actifs non financiers. Dans ce qui suit, nous continuerons de faire référence à la seule épargne en laissant de côté les transferts nets en capital.

8   Il s’agit d’informations communiquées à la BCE par les banques centrales nationales dans le cadre du suivi par la BCE de l’évolution des taux d’intérêt débiteurs et créditeurs. Cette notion de crédits sur les nouveaux contrats est définie avec précision dans BCE (2001). Pour les ménages et ISBLSM, les crédits suivis correspondent aux indicateurs 12 à 22 de l’Appendice 2, pp. 35-36 du Règlement, regroupés en trois rubriques : crédits à la consommation, crédits immobiliers et crédits à d’autres fins.

9   Sous une réserve importante qui apparaîtra infra.

10   Une mesure précise de l’écart entre la durée à la souscription et la durée réelle moyenne de remboursement est fournie par la Banque de France dans son enquête annuelle sur le financement de l’habitat. L’écart qui apparaît entre les deux durées est moindre que celui qui ressort de notre approximation. Pour 2012, par exemple, la durée moyenne à la souscription est de 19,8 années avec une durée réelle moyenne de 13,3 ans (ACPR, 2013, graphique 19, p. 15).

11   Nous avons hésité ici entre l’appellation « épargne préalable » ou « actifs existants ». Cette dernière appellation présente l’avantage d'être employée en comptabilité nationale, mais elle désigne le plus souvent des actifs non financiers non produits dans l’année (logements anciens, équipements de seconde main, etc.) alors qu’ici, cette épargne préalable – quelle qu’en soit l’origine (revente d’un logement, transmissions entre générations ou accumulation personnelle) – concerne les seuls actifs financiers. Nous maintenons donc cette appellation d'« épargne préalable », mais il est bien clair qu’à la différence de l’épargne courante, il s’agit d’une grandeur de stock.

12   L’épargne préalable à laquelle cette relation fait référence est en fait un minorant. En effet, compte tenu du rôle que jouent les achats de biens durables autres que le logement (principalement véhicules et équipements de la maison) dans le recours au crédit à la consommation, on pourrait aussi introduire en emplois, comme investissements, le montant des achats de biens durables (voir pratique des États-Unis) financés en partie par l’épargne préalable. Le recours à l’épargne préalable en serait accru d’autant. Mais la mesure de l’épargne en est alors modifiée et, sous cette forme, elle n’est pas disponible en France. Nous réservons cette utile modification pour une phase ultérieure de notre recherche. On peut cependant aisément montrer que le recours des Français à une épargne préalable concerne cependant très majoritairement leur « activité immobilière ».

13   Pour 2012, le membre de gauche de la relation hors épargne préalable s’élève à 358,7 Md€ (210 Md€ d’épargne et 148,7 Md€ de nouveaux crédits). L’ensemble des emplois s’élève à 468,7 Md€ (124,7 Md€ de remboursements, 257 Md€ d’activité immobilière des ménages selon le Compte du logement et 87 Md€ de placements financiers). Le recours à l’épargne préalable serait donc de 110 Md€.

14   L’activité immobilière des ménages au sens du CGEDD atteint, en 2013, 248 Md€. Sur cette base, le recours à l’épargne préalable s’élèverait à 91,1 Md€.

15   Pour 2012, l’autofinancement s’élève à 114,7 Md€ (85 Md€ d’épargne préalable et 29,7 Md€ d’épargne courante), soir 44,5 % des 258 Md€ d’activité immobilière. Pour 2013, l’autofinancement s’élève à 110,7 Md€ (respectivement 73 Md€ et 37,7 Md€), soit 44,7 % des 247,6 Md€ d’activité immobilière.

16   Voir Persson (2009).

17   Voir, par exemple, Avouyi-Dovi et al. (2014, pp. 272-273).


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