Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

A Central Bank for the Climate Change?

Natacha Valla ** Doyenne, École du management et de l'innovation, Sciences Po. Contact : Natacha.Valla@alumni.eui.eu.
Christian Pfister * Chargé de cours, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Sciences Po. Contact : christian.pfister@sciencespo.fr.** Doyenne, École du Management et de l'Innovation-Sciences Po. Contact : Natacha.Valla@alumni.eui.eu.


In the face of mounting evidence of global warming, which is an irreversible process, setting a social price of carbon at the global level and devising appropriate metrics to assess climate risks at a microeconomic level are the current priorities. Central banks, as other policymakers, have to play their part and thus consider climate risks when devising their strategies, conducting their policies and implementing their decisions. In doing so, they can rely on market forces. At this stage, this seems to require some limited adaptations of their monetary policy frameworks rather than profound changes. However, climate change risks are bound to take an increasingly important role in the conduct of financial stability policies in the coming years.


Download PDF Format


Footnotes

1   Les entreprises pourraient aussi être rendues responsables des dommages qu'elles infligent au climat. Cela créerait un « risque de responsabilité » (cf. infra) que les marchés pourraient évaluer.

2   Les marchés « cap-and-trade » sont clairement une solution dégradée par rapport à une taxe carbone, en raison d'une conception administrative et politique qui les rend sujets à l'opacité et au marchandage politique ainsi qu'à la création de distorsions. Par exemple, le système européen Emission Trading System (ETS) a été créé en 2005 et les 28 pays de l'UE, plus l'Islande, le Liechtenstein et la Norvège y participent. Toutefois, il ne couvre que certains secteurs (la production d'énergie, certains secteurs industriels comme la sidérurgie et, depuis 2012, le transport aérien intra-européen) et installations responsables de moins de la moitié des émissions de gaz à effet de serre dans l'UE. En outre, en partie pour éviter les « fuites carbone » (c'est-à-dire les transferts de production vers des pays moins exigeants), 40 % des quotas étaient encore attribués gratuitement en 2020. Dans la perspective d'une élimination future de ces allocations gratuites, le Parlement européen a proposé en mars 2021 de créer une taxe carbone aux frontières de l'UE sur les importations des secteurs couverts par l'ETS, mais cette proposition soulève notamment des problèmes de mesure et ajouterait au caractère administratif du dispositif. Enfin, l'ETS n'a été que d'une utilité limitée depuis sa création : les prix sont tombés à zéro en 2007, en raison d'une allocation initiale trop élevée, et n'ont retrouvé leur niveau nominal du milieu de 2018 qu'à la fin de 2020.

3   Une conséquence est que le besoin d'information pour mettre en œuvre une telle politique d'incitations est bien moindre que dans un système où des contraintes s'exercent sur des agents individuels : dans le premier cas, une information agrégée suffit pour juger de l'efficacité d'une politique climatique ; dans le deuxième cas, une information granulaire est requise.

4   Par exemple, la Banque de France a annoncé en janvier 2021 qu'elle aurait, d'ici à 2025, éliminé de son portefeuille d'investissement les entreprises pour lesquelles le charbon représente même une part minime de leur chiffre d'affaires, car le charbon est le combustible fossile produisant la plus grande quantité d'émissions de CO2 par unité consommée.

5   Voir aussi Dées et Weber (2020).

6   En sens opposé, dans certaines économies développées, comme les pays Nordiques et le Canada, le réchauffement climatique pourrait conduire à une hausse de productivité dans l'agriculture. Il pourrait aussi se produire des flux migratoires vers ces pays et les autres économies développées qui y soutiendraient la croissance.

7   La somme des économies de l'Allemagne, de la France et de l'Italie est prise comme valeur approchée pour la zone euro et l'impact d'une taxe carbone de 75 dollars/tonne fourni par le FMI (2019) dans le tableau 1.3, page 9, ainsi que le poids de l'énergie dans l'IPCH de la zone euro sont utilisés pour cette évaluation.

8   Sur des moyens d'action, voir : Pfister et Valla, 2017 ; Pfister et Sahuc, 2020.

9   Une décote est une réduction appliquée à la valeur de marché d'un actif dans le cadre d'une opération de crédit garantie, afin de protéger le prêteur d'une modification imprévue de la valeur de la garantie.

10   Raynaud et al. (2020) définissent la notion d'alignement d'un portefeuille avec des objectifs de changement climatique, effectuent une revue des méthodes pour évaluer cet alignement et identifient les principaux défis rencontrés dans cette démarche.

11   On pourrait penser que les banques auraient la possibilité de contourner le système de valorisation des garanties en soumettant des garanties non pénalisées. Toutefois, il n'y aurait pas d'incitation à procéder ainsi dans la situation actuelle où l'Eurosystème finance les banques en leur offrant des prêts à quatre ans à des taux inférieurs à ceux du marché, à travers ses opérations ciblées de refinancement à plus long terme. Dans un tel système, une banque qui ne demande pas le maximum de refinancement se place en désavantage concurrentiel par rapport à ses concurrentes puisqu'elle a un taux moyen de ses ressources plus élevé.

12   Le SEBC est composé de la BCE et des banques centrales nationales de l'UE, y compris celles qui ne participant pas à la zone euro.

13   Lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion du Federal Open Market Committee (FOMC) de décembre 2020, Jerome Powell a également déclaré, en réponse à une question sur la décision de la Federal Reserve (Fed) de rejoindre le NGFS : « Nous nous sommes historiquement soigneusement abstenus de prendre un rôle dans l'allocation du crédit. Je serais très réticent à ce que nous nous engagions dans cette direction en sélectionnant un domaine comme méritant de bénéficier de crédit et les autres pas ».

14   Les risques de responsabilité (cf. note 3 supra) sont souvent considérés comme une troisième catégorie de risques ; ils peuvent aussi être vus comme faisant partie des risques de transition.


Share email Share on Facebook Share on Twitter Share on Google+