French Interest Rates: A Historical Perspective

Vivien Levy-Garboua Professeur, Sciences Po Paris. Contact : vlevyg@yahoo.com
Éric Monnet Économiste chercheur senior, DGEI-DCPM-DIACONJ, Banque de France. Contact : eric.monnet@banque-france.fr


This article builds and studies long-term series of French interest rates since the early 19th century: the central bank leading interest rate; the rate of the 3-month paper on the interbank market, the regulated deposit rate of saving institutions (livret A), the yield on long-term safe assets (government securities). Comparisons are made with similar series in the UK and US. In a historical perspective, the current situation (low real and nominal interest rates) seems exceptional and very different from previous periods of interest rate stability (in the 19th century) or low real rates (during times of high inflation). The current level of interest rates does not look like the consequence of a sudden break caused by the crisis; it continues a downward trend that started in the early 1980s.


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Footnotes

Nous remercions David Le Bris pour avoir partagé ses données sur le taux des rentes et pour ses commentaires sur une première version de ce texte. Cet article reflète l’opinion de ses auteurs et n’engage pas la Banque de France, ni l’Eurosystème.

1   Un exemple de ce type de démarche est Laubach et Williams (2015).

2   L’annexe précise la démarche retenue.

3   L’escompte de titres commerciaux à trois mois fut le principal moyen de refinancement des banques par la Banque de France jusqu’en 1971. À partir de cette date, les interventions sur le marché monétaire deviennent la norme, mais de nombreux outils de contrôle quantitatif demeurent (réserves obligatoires, encadrement du crédit) et le taux d’escompte reste le taux de référence jusqu’au début des années 1980 (Monnet, 2014).

4   Ces taux ont été recueillis par Jacques-Marie Vaslin, Alphonse Courtois et David Le Bris, et compilés dans la thèse de David Le Bris, disponible en ligne sur le site ftp://ftp.univ-orleans.fr/theses/david.lebris_2549.pdf. Voir également l’utilisation de cette série dans Le Bris et Hautcœur (2010).David Le Bris continue d’utiliser le taux de la rente après la Seconde Guerre mondiale, jusqu’en 1970. Toutefois, son taux était bien inférieur au taux d’obligation publique à long terme ou obligation d’État pendant cette période. Nous préférons donc prendre un autre taux long de référence après 1950. Cela n’est pas sans importance sur nos résultats et interprétations car le taux réel de la rente fut négatif ou nul au cours des années 1960 alors que le taux réel des obligations fut positif (cf. graphique 9).

5   Sources : Insee et Caisse des dépôts pour la période 1950-1988 (Annuaire rétrospectif de la France, 1948-1988) et Banque de France pour la période 1989-2015. Notons que ces taux (sociétés publiques comme sociétés privées) sont systématiquement supérieurs à ceux de la rente à 5 % qui survit dans les années 1950 et 1960.

6   Les données sont issues de Constantin (1999).

7   Voir le site : www.econ.yale.edu/~shiller/data.htm.

8   Voir le site : www.bankofengland.co.uk/research/Pages/onebank/threecenturies.aspx.

9   La baisse des taux mondiaux était un phénomène bien connu avant la crise. Caballero et al. (2008) et Caballero et Fahri (2015) interprètent cette baisse comme la preuve d’un surplus de demande pour les actifs sûrs. Ils ne discutent pas, cependant, la compatibilité de leur théorie avec l’évolution des taux d’intérêt sur une plus longue période.


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