The Comeback of the Keynesian Economy

Xavier Ragot Professeur, Sciences Po ; directeur de recherche, CNRS ; président, OFCE. Contact : xavier.ragot@sciencespo.fr.


Pre-crisis standard macroeconomic models, qualified as neo Keynesian, rely more on the concept of natural rate of interest than on global demand. But new insights in macroeconomic theory build far more realistic models, especially as regards labour and good and services markets. These models renew with the Keynes intuitions – under-consumption, savings paradox – and are more suitable to reality confrontation. The Keynesian or neo-classical pattern should no more be a political or theoretical stake but rather an empirical one. For example, recent econometric studies highlight that the American economy behaves as Keynesian during the biggest crisis but as non Keynesian during smaller ones. This should be a guide for policy makers.


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Footnotes

1   Le panorama macroéconomique n’est ici qu’esquissé. Voir le rapport iAGS (2016), par exemple, pour une présentation plus détaillée de la situation de chaque pays (www.progressiveeconomy.eu/sites/default/files/iAGS 2016 V1.pdf).

2   Voir, par exemple, les données sur le site de la Federal Reserve Bank of St. Louis : https://research.stlouisfed.org/fred2/series/GFDEGDQ188S.

3   Il convient de noter la grande incertitude macroéconomique qui caractérise cette année 2016. Les fluctuations des indices boursiers, l’incertitude sur la croissance de court et moyen terme indiquent à quel point il est difficile de conclure à la fin de la période de convalescence de l’économie mondiale. À cette incertitude endogène s’ajoutent les incertitudes sur les effets du changement climatique et des déplacements des populations en Europe.

4   Une dernière critique avance l’incongruité d’un retour à Keynes alors que les nouvelles technologies de l’information et de la communication nous projettent dans une période schumpetérienne de destruction créatrice et d’innovations radicales, qui pourraient, par exemple, contribuer à une réduction de la consommation d’énergie fossile et d’émission de CO2. Plutôt qu’opposition, il faut ici penser complémentarité des analyses. On assiste certes indéniablement à une forme nouvelle de progrès technique, la question posée est comment ce progrès technique se transforme en croissance à court et moyen terme. Les réflexions de nature keynésienne consistent à se demander si le progrès technique peut accroître le chômage à court et moyen terme et donc à penser la période de transition avant que le changement technique ne s’épanouisse dans de nouvelles pratiques.

5   La diversité des approches est présentée dans les deux volumes déjà anciens de New Keynesian Economics de Mankiw et Romer (1991).

6   L’approche walrassienne est formalisée au sein du modèle d’Arrow et Debreu. L’approche autrichienne repose sur les travaux de Hayek Von Mises. Un courant néoautrichien est toujours actif en économie.

7   Voir le site : http://ec.europa.eu/eurostat/tgm/table.do?tab=table&init=1&language=en&pcode=tec00100&plugin=1.

8   Pour avoir de telles valeurs, une grande variété de frictions doivent être introduites dans les modèles macroéconomiques : soit des rigidités nominales sur le marché des biens et sur le marché du travail (Gali et al., 2007), soit des rigidités sur le marché des biens et sur les marchés financiers (borne zéro des taux d’intérêt, Christiano et al., 2011). Comme il a été rappelé supra, ces frictions étaient rarement considérées simultanément avant la crise de 2008, pourtant l’appréhension simultanée des rigidités nominales est précisément la contribution de la « vieille » tradition keynésienne.

9   Les modèles d’ajustement imparfaits des prix ont été élaborés au début des années 1980 avec les formulations maintenant de type standard de Calvo, Rotemberg ou Taylor. La macroéconomie actuelle introduit en effet les rigidités de prix de deux manières différentes. Premièrement, il est supposé que les producteurs possèdent des pouvoirs de monopole qui leur permettent de fixer les prix (en tenant compte de la concurrence imparfaite des autres producteurs), le cadre de base est issu de la contribution de Dixit et Stiglitz. Deuxièmement, il est supposé que les marchés fonctionnent mal et que les vendeurs et les acheteurs se rencontrent de manière aléatoire sur les marchés et décident du prix de la transaction après une négociation bilatérale. Ce modèle, qualifié de « modèle d’appariement », est dû à la contribution de Diamond (1981) qui a reçu le prix Nobel en 2010. Ce modèle d’appariement est maintenant le modèle canonique de modélisation du marché du travail depuis les travaux de Mortensen et Pissarides. Comme l’a souligné Robert Hall, le modèle d’appariement peut aboutir à des salaires et des prix rigides et possiblement indépendants de la conjoncture économique.

10   La modélisation du fonctionnement réaliste des marchés aboutit à l’existence de rationnement. Des acteurs économiques voudraient acheter ou vendre au prix en vigueur, mais ne peuvent le faire, et le prix ne s’ajuste pas. Ce concept abstrait de rationnement prend une tonalité bien plus concrète lorsqu’il est appliqué au marché du travail : le rationnement est l’autre nom du chômage involontaire.

11   L’article de Challe et al. (2015) repose sur un développement de Challe et Ragot (2015). Ce dernier article présente un cadre théorique sans rigidités nominales. De fait, les mécanismes présentés dans l’article sont absents.

12   L’auto-assurance dans un tel cadre est le résultat de l’incomplétude des marchés d’assurance, dans la tradition de Bewley, Huggett et Aiyagari : l’auto-assurance est un substitut à l’assurance.


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