Internationalization of the Renminbi: Challenges and Limits of Institutional Reforms

Adrien Faudot Doctorant au CREG, université Grenoble-Alpes. Contact : adrien.faudot@univ-grenoble-alpes.fr


The internationalization of the Renminbi (RMB) has been drawing attention from both political scientists and economists, since the end of 2000s. Available data indicate a strong growth of RMB usage at the international level. This article has two main objectives. First, it aims to describe the qualitative evolutions of the Chinese currency by analysing the changes in the institutional framework of RMB. The second section deals with the ambitions of and obstacles to the Chinese strategy of internationalisation of its currency. For these purposes, this article focuses on the rich literature on this topic. Given that China’s monetary upheaval involves a conflicting process both at the domestic and international levels, it generates tensions with other rival powers, first and foremost the United States. This article examines the willingness and ability of China to overcome hurdles to achieve further the internationalisation of its currency.


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Footnotes

1   « Le yuan est si loin derrière dans la course, qu’il est à peine observable. » (Cohen et Benney, 2014, p. 1038).

2   Par exemple, au deuxième trimestre de 2014, sur les 3 270 milliards de RMB correspondant au commerce international dans la monnaie chinoise, 1 230 milliards de RMB ont servi aux exportations et 2 040 milliards de RMB aux importations, ce qui confirme la tendance à la sortie de RMB de la Chine par le commerce international.

3   En janvier 2012, la part du RMB ne représentait que 0,25 % de la valeur des paiements internationaux, mais s’élevait à 2,17 % en décembre 2014 (contre 44,64 % pour le dollar américain).

4   « Si je devais le changer, je ne garderais que le “C”. » est une citation de Jim O’Neill extraite d’une interview donnée au Wall Street Journal en août 2013 et reprise dans de nombreux médias. Voir le site : www.huffingtonpost.com/parag-khanna/against-growth-market-pes_b_4603262.html.

5   « Même lorsque les deux [taux de change] réagissent aux mêmes types de nouvelles économiques, par exemple à des publications de données macroéconomiques ou à des changements politiques, le CNH est susceptible de réagir plus fortement puisqu’il n’y a pas de problèmes, ni de limites d’échanges à l’égard des actions de la banque centrale. » (Shu et al., 2014, p. 5).

6   Les paiements internationaux ayant besoin d’être réalisés dans des conditions de sécurité optimale, les messages sécurisés fournissant les instructions de paiement sont désormais indissociables des paiements eux-mêmes. SWIFT est l’institution qui produit les standards internationaux en termes de messagerie financière.

7   À l’exception de Hooley (2013, p. 309). Les informations à ce sujet ont été portées à notre connaissance par des rapports réalisés par des banques internationales. Voir notamment JP Morgan (2012), Aite Group (2014) et Deutsche Bank (2014).

8   La liste des établissements impliqués est donnée dans un communiqué de PBoC (2015).

9   Ce projet est aussi susceptible d’ouvrir de nouvelles portes au RMB. Par exemple, CLS – acteur majeur sur les marchés des changes – pose comme l’un de ses critères d’éligibilité d’une monnaie au sein de son système l’implication directe de la banque centrale dans la supervision des transferts financiers, ce qui sera effectif dans le nouveau système CNAPS/CIPS.

10   Ce qui, rappelons-le, est le lot du dollar australien, du franc suisse et, plus largement, des monnaies des pays développés à l’exception des États-Unis. Cette mobilité du RMB dans la hiérarchie constitue déjà en soi un phénomène d’émergence car à ce stade, la monnaie permet d’assurer une forme d’autonomie monétaire du pays émetteur, s’illustrant, par exemple, par une capacité d’endettement international en monnaie nationale.

11   « Nous défendons l’établissement d’un nouvel ordre économique et politique mondial équitable et rationnel. Nous nous opposons à toute forme d’hégémonisme et de politique du pouvoir. La Chine ne recherchera jamais l’hégémonie, ni l’expansionnisme. » (discours de Jiang Zemin, en 2002, alors président de la République populaire de Chine, cité par Chin, 2014, p. 190).

12   Bien que le projet de Zhou appelle à une nouvelle monnaie de réserve internationale et non à une refonte du système visant l’instauration d’une monnaie internationale fonctionnant selon les principes de la clearing union, telle que la souhaitait Keynes. L’opposition entre liquidité et clearing est ici fondamentale. Ses implications sont exposées dans un article d’Amato et Fantacci (2014).

13   Qui, par ailleurs, a eu pour résultat de ralentir la progression du commerce transfrontalier de la Chine en RMB sur la période hiver 2014-printemps 2015, celui-ci passant de 559 milliards de RMB en novembre 2014 à 538 milliards de RMB en janvier 2015 et à 436 milliards de RMB en octobre 2015, selon la PBoC.

14   Celles-ci ont atteint un niveau tel que la Chine semble prise au piège, résignée à soutenir le dollar contre sa volonté, pour éviter de voir s’effondrer la valeur – aujourd’hui estimée à plus de 3  000  Md$ – de son stock de réserves accumulées en dollars. C’est ce que Prasad (2014) décrit comme le dollar trap.

15   Joshua Aizenman écrit notamment : « On s’attend à ce que la part du commerce réglée en CNY continue de croître rapidement, puisqu’il y a une marge de manœuvre importante pour une internationalisation plus poussée du RMB dans le règlement du commerce international. Cette rapide internationalisation dans les échanges, cependant, ne rend pas nécessaire, ni même désirable l’internationalisation financière du RMB, un processus qui requiert une libéralisation financière beaucoup plus profonde. » (Aizenman, 2015, p. 14).

16   Les deux auteurs concluent l’un de leurs articles ainsi : « Pour les économies émergentes intéressées à ce qu’une large part de leurs bilans internationaux soit libellée dans leur propre monnaie, des marchés offshore peuvent aider à accroître la reconnaissance et l’acceptation de la monnaie parmi les exportateurs, les importateurs, les investisseurs et les emprunteurs en dehors du pays. Ce processus peut commencer (et non s’achever) en même temps que d’importants contrôles sur les capitaux toujours en vigueur, ceux-ci permettant aux autorités de maintenir un certain contrôle sur le rythme de libéralisation du compte de capital. » (He et McCauley, 2010, p. 24).

17   Susan Strange a notamment développé la notion de « pouvoir structurel » dont les quatre caractéristiques sont (1) l’exercice d’un contrôle sur la sécurité des autres nations, (2) un contrôle sur le système de production des biens et des services, (3) la capacité à déterminer et à influencer la structure de la finance internationale et du crédit, de manière à pouvoir en bénéficier, (4) le contrôle ou l’influence sur le savoir technique et informationnel ainsi que sur les connaissances technologiques et religieuses (Strange, 1987, p. 565). Il est alors intéressant de confronter ces caractéristiques à la réalité de l’économie internationale.


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