Mexico at the Time of Reforms

Magali Gilliot Banque de France. Contact : magali.gilliot@banque-france.fr.
Hélène Ehrhart Agence française de développement. Contact : ehrharth@afd.fr.


In 2013, Mexico implemented a comprehensive set of structural reforms aimed at removing the obstacles hindering the economy to renew with growth, in fields as diverse as education, public finance, financial sector, energy and telecommunication. It became therefore one of the few countries to have succeeded in voting such a large number of structural reforms in such a short period of time and accompanied by a broad political support. The reduction of monopolies and oligopolistic organizations that generated inefficiencies and the increase in low-cost access to credit for households and businesses could lead to a rise in Mexico's potential growth by almost one percentage point. If some of the reforms begin to show their effectiveness, the global positive effects on growth are taking time to appear. This delay is especially long given that reforms did not deal with several roots of the fragility of the Mexican growth model. Paradoxically, the Mexican economy shows strong and sound macroeconomic fundamentals, resilience, and great trade openness but remains poorly inclusive, largely informal with endemic corruption and generates strong geographical and income inequalities.


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Footnotes

1   La crise financière de 1994, dite également « effet tequila », s'est caractérisée par une chute brutale des réserves de change qui a conduit à une dévaluation forcée en décembre 1994 et à une fermeture d'accès aux marchés de capitaux extérieurs. L'impossibilité pour le Mexique de financer son déficit courant, dans un contexte d'ouverture commerciale avec la signature de l'ALENA en 1994 et de faiblesse de l'épargne domestique insuffisante pour financer l'investissement, s'est accompagnée d'une chute brutale de la production (contraction du PIB de 7 % en 1995) et d'une poussée inflationniste (+52 % en 1995) qui ont entraîné à leur tour fermetures d'entreprises, chômage et hausse des créances douteuses, voire irrécouvrables du secteur bancaire. La conjonction de plusieurs facteurs tels que la surévaluation de la monnaie, l'expansion du bilan de la banque centrale, le stimulus excessif de la demande agrégée, l'insuffisance de l'épargne ou encore un endettement excessif des agents permet d'expliquer le déclenchement de cette crise.

2   Le Mexique vit, depuis la nationalisation de l'industrie pétrolière sous la présidence de Lazaro Cardenas à la fin des années 1930, de sa rente pétrolière, sans en être l'unique source, représente de loin la source essentielle des revenus du gouvernement fédéral. À l'entrée en fonction du gouvernement Peña Nieto en 2012, la charge fiscale brute supportée par le pétrolier dépassait les 5 % du PIB. De fait, à eux seuls, les impôts perçus sur les activités d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures représentaient en 2012 environ 31,4 % des revenus du gouvernement fédéral. Pemex supportait de fait une multitude d'impôts dont celui portant sur la valeur globale de son brut extrait sur l'année, un impôt sur les rendements pétroliers (IRP) et un impôt sur l'ensemble de ses importations de produits raffinés et de matériels. Outre ces droits qui s'appliquaient directement à Pemex avant la réforme de son statut, d'autres impôts venaient compléter le dispositif général de recettes pétrolières tels que l'IEPS (impôt spécial sur la production et les services), la TVA pétrolière et d'autres impôts portant sur l'exportation du brut, de gaz naturel et de produits dérivés. L'évolution de l'entreprise était par ailleurs bloquée par un régime fiscal rigide et incohérent, la plupart des impôts et droits n'étant pas calculés sur les bénéfices nets dégagés par l'entreprise, mais sur sa production et des différentiels de revenus/coûts d'exploitation qui ne tenaient pas compte des coûts réels totaux de l'entreprise. Enfin la charge fiscale de Pemex et les dividendes versés à l'État n'autorisent aucune réflexion quant au calcul d'un montant optimal de capital à réinvestir au sein de l'entreprise afin de pourvoir à la modernisation des installations et à l'augmentation des capacités de production. La rentabilité de l'entreprise s'en trouve par conséquent affectée, celle-ci cumulant les pertes comptables et affichant une dette atteignant 97 Md$ à la fin de 2016 (exacerbée par les baisses des prix du pétrole et de sa production). Neuvième producteur mondial, le Mexique est contraint, par la nature « lourde » de son brut et la qualité de ses installations, d'importer un brut plus léger afin que ses raffineries puissent produire un pétrole de meilleure qualité, tel que l'essence. En juillet 2016, le Mexique a ainsi importé plus de 60 % de ses ventes domestiques de carburant, un niveau jamais atteint.

3   Source : FMI.

4   Le PRD est né en 1989 d'une scission du PRI qui a vu partir plusieurs de ses membres dont l'idéologie politique se situait davantage à gauche.

5   Soit de partage de production ou de partage de bénéfices, le sous-sol restant la propriété de l'État, mais les gisements sont exploités au travers d'une association entre Pemex et les entreprises privées.

6   La production indépendante de l'électricité suppose l'obtention d'un permis de génération sur la base de deux avis rendus par l'entreprise publique nationale, la CFE, et par le régulateur, la CRE (Commission régulatrice de l'énergie), qui évalue sa conformité au cadre légal ainsi qu'aux orientations de la politique énergétique nationale définies chaque année dans le Plan national d'énergie. La CFE est soumise à l'obligation de produire au moindre coût en prenant en compte le coût des externalités, ce qui la conduit à choisir, au cas par cas, la technologie offrant les coûts marginaux les plus faibles.

7   Au début du sexennat Peña Nieto, le Mexique se caractérise par l'inefficience de son marché du travail. Le pays se classait 102e sur 144 en matière d'efficience du marché du travail (inclus dans l'Indice de compétitivité) du Forum économique mondial pour la période 2012-2013.

8   Selon le FMI (2014), la contribution à la croissance de la réforme sur l'énergie est de 0,6 point de pourcentage par an, celle de la réforme des télécommunications entre 0,08 et 0,16 point de pourcentage et celle du secteur financier de 0,07 à 0,16 point de pourcentage.

9   Sur les huit premiers mois de 2016, la production pétrolière de Pemex est en diminution de 3,3 % par rapport aux huit premiers mois de 2015 et la production des nouveaux entrants, ayant remporté le premier tour des enchères, ne compense pas encore cette baisse.

10   Source : OCDE, données sur les taux d'accès au haut débit.

11   Alors que la subvention constituait une dépense fiscale de près de 1 point de PIB en 2012, le droit d'accise est à l'origine de recettes de l'ordre de 1,2 point de PIB en 2015.


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