The Economic Consequences of Mrs May and Mr Trump

Jacques Mistral Senior Fellow, Brookings Institution ; conseiller spécial, Institut français des relations internationales (IFRI). Contact : mistral@ifri.org.


This article starts from the unexpected events that happened in 2016; the decision of British voters to exit the EU and the election of Donald Trump mark a dramatic rupture with the large adhesion, in particular in the anglo-saxon world, to an open world economy all over the last 60 years. It is too early to anticipate dramatically negative consequences of these political changes but it is at least urgent to evaluate the new challenges facing future international cooperation on trade, finance and the international monetary system. This requires urgent attention to avoid ill inspired commercial or monetary decisions that could, from provocations to reprisals, degenerate and finally push the world into an economic war of which the past gives a tragic picture. With the 1957 and 1992 Treaties, our generation received a precious heritage of which we are responsible vis à vis our grandchildren. It is, in this context, more necessary than ever to exit the euro-immobilism that is so discouraging for the European nations and adapt the EU and the eurozone to a challenging and dangerous future.


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Footnotes

1   J'emprunte cette expression à Benjamin Rowland (Rowland, 1976). Sur les leçons à tirer de l'entre-deux-guerres, se reporter également à Eichengreen (2015).

2   Cette idée était dans l'air dès 2010, mais se heurtait à un obstacle puisque le DTS constitue un panier de monnaies convertibles. La Chine ne voulait pas entendre parler de cette condition, pas plus que l'administration américaine de cette éventualité (rappelons que l'administration américaine doit chaque année faire un rapport au Congrès pour établir que la Chine « ne manipule pas sa monnaie »). L'ouverture se produisit pour la première fois au séminaire à haut niveau sur le système monétaire international réuni sous la présidence française du G20, à l'invitation des autorités chinoises, à Nankin, en mars 2011, le secrétaire au Trésor Tim Geithner se déclarant à cette occasion « ouvert à une réflexion » sur le sujet. La « réflexion » s'est (temporairement) achevée par l'entrée du renminbi dans le DTS en septembre 2016.

3   Voir, par exemple, le rapport de l'Initiative du Palais-Royal, animée par Michel Camdessus (Initiative du Palais-Royal, 2011), celui du Conseil d'analyse économique (Bénassy-Quéré et al., 2011), ou celui de la Fondation internationale Triffin de mai 2014 (FIT, 2014), auxquels se réfère André Icard (Icard, 2015). L'auteur a exposé sa propre vision dans Mistral (2014).

4   Le livre de Christophe Guilluy (Guilluy, 2014), écrit par un géographe, est de ceux qui ont en France retenu l'attention et nourri la polémique ; il peut être comparé, pour les États-Unis, à celui, provocateur, de Charles Murray (Murray, 2012).

5   Le numéro 119 de la Revue d'économie financière, coordonné par Natacha Valla et l'auteur de cet article, n'a pas échappé à cette facilité en intitulant sa première partie « Vers une guerre des changes ? » ; ce numéro intitulé Monnaies et globalisation financière : volatilité ou stabilité ? offre une vision d'ensemble du problème monétaire et financier international avant que ne se produisent les chocs politiques de 2016 (Mistral et Valla, 2015).

6   On le voit d'ailleurs dans le fait que le quantitative easing de la Banque centrale européenne (BCE) – qui a ramené l'euro de 1,35 dollar à 1,05 dollar en quelques trimestres – n'a pas suscité de protestation des États-Unis qui auraient pu se déclarer victimes d'une guerre commerciale. Plus récemment, Donald Trump n'a pour sa part pas hésité à faire vigoureusement campagne contre la surévaluation du dollar et la manipulation du renminbi par les autorités chinoises. Selon les estimations de William Cline du Peterson Institute (pdf, novembre 2016), le taux de change effectif réel du dollar s'est apprécié de 17 % entre le milieu de 2014 et l'été 2016 ; la balance commerciale va en subir les effets de plein fouet à partir de 2017 et le déficit pourrait en conséquence augmenter de 2,5 % à 4 % du produit national brut (PNB). Donald Trump ayant, dans sa campagne, interprété ce déficit comme le résultat d'accords commerciaux « désastreux », il y a là clairement le risque de voir s'amplifier la rhétorique antiglobalisation.

7   La Chine a clairement manifesté l'inquiétude que suscitaient les propositions faites en leur temps par l'économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard, de viser des taux d'inflation plus élevés de l'ordre de 4 % à 5 % pour réduire plus vite le poids des dettes passées.

8   La dévaluation du yen japonais par le gouvernement Abe en 2013 n'a pas provoqué d'émotion internationale (en dehors de la Corée du Sud et de la Chine), parce que les observateurs, en particulier le FMI, y ont pour la plupart vu une ultime tentative pour extraire le Japon de la situation de déflation dans laquelle ce pays est englué depuis deux décennies, une situation qui pèse par contrecoup sur le dynamisme de l'économie mondiale. C'est pourquoi cette initiative, restée isolée, n'a pas suscité de « représailles » et a procuré à l'économie japonaise un soulagement temporaire… et limité (Cieniewski, 2015).


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