Sustainable Globalisation: Lessons from Europe

Benoît CŒURÉ Membre du Directoire, Banque centrale européenne. Contact : office.coeure@ecb.int.Cet article a d'abord été présenté sous forme de communication dans le cadre de l'atelier «Financial Globalization and its Spillovers – Monetary and Exchange Rate Policy in Times of Crises » lors de l'événement public spécial « 25 Years after Maastricht: the Future of Money and Finance in Europe », organisé à Maastricht le 16 février 2017. L'auteur tient à remercier Roland Beck pour son aide. Les opinions exprimées dans cet article demeurent celles de l'auteur.


The many concerns expressed by globalisation are coinciding with recent signs of deglobalisation. But many of these concerns are in fact political and economic fallacies. It is urgent to make globalisation sustainable, consequently more efficient, more enduring and more equitable. To achieve this, global markets must be underpinned by strong states and firm governance. On the economic side, a welfare bringing free trade requires that governments manage adequately its distributional, social and environmental consequences, Globally the European construction can be regarded as the most elaborate attempt ever to mitigate the inevitable political trade-offs arising in a globalised world. Its real success should be an example. Nevertheless its sustainability implies making it more enduring with a better control of financial flows and also more equitable. Finally, when heading for sustainable globalisation in Europe, the European voice must be heard in international bodies which shape international economic rules.


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Footnotes

1   Les chiffres relatifs à l'ouverture commerciale et financière renvoient à un échantillon de vingt-sept pays pour lesquels on dispose de données cohérentes depuis 1992. L'ouverture commerciale est calculée comme le ratio de la somme des exportations et des importations sur le PIB. L'ouverture financière correspond au ratio du total des actifs étrangers sur le PIB.

2   Ces chiffres renvoient à un échantillon de pays de l'OCDE pour lesquels une corrélation entre les taux d'investissement et d'épargne domestiques bruts en pourcentage du PIB est calculée à partir de données annuelles depuis 1980.

3   Les mesures de l'intégration financière mondiale basées sur les prix présentent notamment une image différente : par exemple, les mouvements des marchés boursiers internationaux restent fortement corrélés. Selon certaines estimations, leurs corrélations sont à leur plus haut niveau depuis plus d'un siècle.

4   Pour un aperçu de ce débat, voir, par exemple, Cœuré (2016a).

5   Ibid.

6   La littérature économique relative au fédéralisme budgétaire souligne l'arbitrage entre les avantages de la centralisation découlant de l'internalisation des externalités au sein des différentes administrations, d'une part, et le coût d'une politique commune face à l'hétérogénéité des préférences et des caractéristiques économiques, d'autre part. Certaines applications de ce cadre à l'UE indiquent que l'implication de l'UE est peut-être trop étendue dans certains domaines, mais également trop limitée dans d'autres. Voir Alesina et al. (2005) ; Cœuré et Pisani-Ferry (2007).

7   Cette observation intéressante a été rappelée par Rodrik avec l'exemple des compagnies à charte du xviie siècle.

8   Voir Martyn (1701), tel que cité dans Rodrik (2011).

9   Voir Ricardo (1817), tel que cité dans Rodrik (2011).

10   Voir, par exemple, Goldberg et Pavcnik (2007) ; Ebenstein et al. (2014).

11   Un point particulièrement préoccupant a été soulevé par plusieurs grands sceptiques de la mondialisation : dans les modèles standards des échanges internationaux, les effets distributifs peuvent être importants par rapport aux gains d'efficacité, en particulier quand les droits de douane sont déjà faibles. Contrairement au progrès technique, le libre-échange mis en œuvre sous la forme de réductions des droits de douane est confronté à des rendements décroissants (Rodrik, 1998 ; Rodrik, 2011, p. 57). Face à un « ratio redistribution/gains d'efficacité » élevé, les protectionnistes pourraient être tentés d'affirmer qu'une petite hausse des droits de douane aurait des effets redistributifs importants tout en n'entraînant que des pertes d'efficacité limitées. Cet argument semble plausible, à condition que la redistribution soit souhaitable sur le plan politique. Néanmoins cet argument est trompeur : des recherches plus récentes ont également montré que les gains liés au commerce sont importants lorsque leurs effets de causalité sont dérivés d'expériences quasi naturelles. Les estimations dans un cadre d'équilibre général tendent à être légèrement inférieures (Feyrer, 2009).

12   Voir Hornok et Koren (2016) et les références qui y sont données. Pour les autres canaux, voir Melitz (2003) ; Coelli et al. (2016) ; Hornok et Koren (2016) ; Ben Yahmed et Dougherty (2017).

13   Il existe également des données très récentes relatives aux brevets déposés par les entreprises qui indiquent que les politiques commerciales mises en œuvre au cours de la grande libéralisation des années 1990 ont eu un effet très positif sur l'innovation. De manière encore plus frappante, cette augmentation du nombre de brevets déposés correspondrait à des innovations et non simplement à une protection accrue des connaissances existantes (Coelli et al., 2016).

14   Voir Cœuré (2016a) pour une discussion approfondie de ces questions et les références qui y sont données.

15   Les échanges financiers internationaux sur la base d'actifs à plus longue échéance et à rendements variables, tels que les actions et l'investissement direct étranger (IDE), se sont notamment révélés moins volatiles que quand ils reposent sur des flux de portefeuille ou des flux bancaires à court terme. L'IDE est également davantage souhaitable car il est bien moins sensible aux facteurs externes internationaux, tels que l'aversion au risque à l'échelle mondiale ou la politique monétaire des grandes économies. Dans la littérature, les preuves des effets positifs sur la croissance de l'IDE sont bien plus solides que pour les investissements de portefeuille.

16   Voir Cœuré (2016a) et les références qui y sont données.

17   Les prélèvements fiscaux et subventions sur les biens et les services peuvent remplacer les transferts (Dixit et Norman, 1986).

18   Voir le site www.oecd.org/ctp/beps-explanatory-statement-2015.pdf.

19   De récentes recherches indiquent que parmi les instruments les plus efficaces dans ce domaine figurent les politiques actives en faveur du marché du travail telles que les programmes de reconversion et les indemnités de réinstallation qui compensent les coûts de transfert et facilitent la mobilité des travailleurs loin des régions en crise (Hornok et Koren, 2016, et les références qui y sont données).

20   Voir les rapports sur la convergence de la Banque centrale européenne (BCE) pour une analyse des progrès des États membres n'appartenant pas à la zone euro en vue de remplir les critères d'adhésion à la zone euro.

21   Voir Financial Integration in Europe, publication annuelle de la BCE.


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