Finance, Crisis and Growth

Thomas GRJEBINE Économiste, CEPII. Contact : thomas.grjebine@cepii.fr.
Fabien TRIPIER Professeur des Universités, Université Paris-Saclay (EPEE, Université d'Évry) ; conseiller scientifique, CEPII. Contact : fabien.tripier@univ-evry.fr.


This article studies the links between the financial sector and macroeconomic performances. The focus of the study is on the distinction between the short-run effects, associated to cycles and crisis, and the long-run effects, associated to economic growth.

After presenting these different effects, the authors show how the concept of hysteresis allows to analyze the interactions between them. In particular, they show that if a higher growth of financial activity comes together with a stronger economic growth during one cycle, it reduces economic growth for future cycles because of the hysteresis phenomenon.


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Footnotes

1   L'article de King et Levine (1993) fait directement référence à Joseph Schumpeter comme point de départ de cette problématique. Pour une synthèse de la littérature empirique et théorique, voir Boucher et al. (2012).

2   En pratique, cela consiste à étudier la relation statistique entre la croissance et un indicateur de développement financier, d'une part, mais également entre la croissance et la valeur de cet indicateur élevé au carré, d'autre part. La première relation (positive) domine pour des valeurs faibles de l'indicateur tandis que la seconde relation (négative) domine pour des valeurs élevées.

3   Le site internet « http://www.macrohistory.net/data/ » présente et donne accès aux bases de données présentées dans Jordà et al. (2016).

4   L'identification d'un lien entre finance et durée des expansions ne va pas de soi. Rancière et al. (2006) soulignent, par exemple, que la libéralisation financière conduit à la fois à une croissance économique de long terme plus forte et à plus de crises, ce qui implique des expansions plus courtes. L'étude de Grjebine et Tripier (2016) montre, au contraire, qu'une croissance financière plus forte coïncide avec une expansion plus longue au cours d'un cycle. Cet effet pourrait tout d'abord s'expliquer par le caractère procyclique de la finance : le développement des activités financières suit le cycle et l'amplifie. Une deuxième explication pourrait reposer sur le syndrome « this time is different » expliqué par Reinhart et Rogoff (2009) : une longue expansion peut favoriser le développement de croyances et de comportements à l'origine d'un développement excessif des activités financières. Une troisième explication pourrait être que les bulles en phases d'expansion facilitent l'absorption des chocs : un choc pétrolier, par exemple, peut être plus facilement absorbé dans un pays où la croissance est nourrie par une bulle.

5   Selon les auteurs, les industries intensives en R&D (recherche et développement) produiraient à court terme moins d'actifs tangibles pouvant être utilisés comme collatéral –comme par exemple l'industrie informatique. Ce sont pourtant celles-ci qui sont à l'origine des gains de productivité les plus importants, à l'inverse du secteur de la construction caractérisé par des actifs tangibles mais une faible productivité.

6   Mendoza et Terrones (2008) soulignaient déjà que « tous les booms du crédit ne se terminent pas par une crise financière, mais la plupart des crises des pays émergents ont été associées à des booms du crédit ».

7   L'impact de la finance sur l'innovation est discuté dans la littérature. Brown et al. (2009) souligne, par exemple, que le boom en R&D (recherche et développement) dans les années 1990 aux États-Unis peut s'expliquer de façon significative par les développements financiers de la période. À partir de données de firmes, ils montrent que ce boom explique presque entièrement par des investissements menés dans des entreprises jeunes (moins de quinze ans). Ces entreprises sont plus sensibles aux contraintes financières et le développement de la finance leur a permis un accès au financement, condition nécessaire pour le développement de leurs dépenses en R&D.

8   « La moitié de l'augmentation des salaires dans le secteur financier relativement aux autres secteurs provient des salaires versés aux traders, alors même que leurs activités ne représentent que 13 % de l'emploi dans ce secteur. C'est donc pour beaucoup la prise de risque qui a été rémunérée, principalement sous forme de primes et bonus pour des performances de court terme, sans prise en compte de l'effet à plus long terme de ces activités sur la stabilité du secteur » (Reshef, 2017).

9   La Grande-Bretagne, la France et la Chine sont assez emblématiques des politiques de stop and go qui ont été menées ces dernières années pour faire de la croissance du secteur immobilier un levier de croissance économique. Voir Grjebine (2016).


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