The Conversion of France to Financial Liberalism

Michel Castel * Ancien directeur, Banque de France ; ancien chargé de cours en Master 2 banque, finance, assurance, Université de Paris X Nanterre. Contact : michelcastel@gmail.com.


How did France switch to a policy of monetarist inspiration only two years after the election of President Mitterrand in 1981, elected on a left-wing program? Two main types of reasons led her to make this switch. The first is common to all OECD countries from 1973, the second is specific to France.

In addition to a very serious deterioration in the economic situation throughout the OECD, there has been the observation of the growing ineffectiveness of Keynesian policies and the idea that monetarist policies would be more effective. For its part, France had, more than others, sacrificed to a debt economy with ever more inflation and unemployment.

Furthermore, in 1981, France economic policy was at the opposite of the international economic situation and the monetarist policies developed in the Anglo-Saxon countries. This, plus the commitment to sharply lowering inflation, very quickly led her to choose a policy of monetarist inspiration.


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Footnotes

1   Référence au slogan du programme du Parti socialiste entre 1772 et 1981.

2   Pour l'ensemble des pays de l'OCDE, le taux de croissance a été de +1,1 % en 1974 et +0,4 % en 1975, contre 5 % à 6 % les années précédentes. Et notamment de −0,5 % en 1974 et −0,2 % en 1975 aux États-Unis, de −2,5 % en 1974 et −1,5 % en 1975 au Royaume-Uni, de +0,5 % et −1,8 % en RFA et de +4,3 % en 1974 et −1 % en France, et même −7,5 % en Suisse en 1975 ! Le taux de croissance du PIB mondial est tombé à 0,6 % en 1975, contre 6,5 % en 1973.

3   En rythme annuel, la production industrielle a chuté en 1974-1975 de 15,8 % au Japon, de 12 % en France, de 9,8 % au Pays-Bas, de 6,5 % en RFA et 5,1 % au Royaume-Uni (Boyer et Mistral, 1977).

4   L'Allemagne est le seul pays de l'OCDE à n'avoir jamais eu recours à l'encadrement du crédit. La France a été celui qui y a eu le plus recours : la première fois un an entre février 1958 et février 1959, puis entre février 1963 et juin 1965, une troisième fois entre novembre 1968 et octobre 1970, une quatrième fois entre décembre 1972 et le 1er janvier 1987.

5   Le Japon avait également développé avec succès une économie de fort endettement dans un environnement d'épargne nationale abondante et captive jusqu'à ce que sous pression américaine à partir de 1985, il doive s'ouvrir financièrement. Dès lors, une part significative de son épargne s'est placée en bons du Trésor américains, le pays perdant ainsi l'un de ses deux grands avantages compétitifs, le second, la qualité de sa main-d'œuvre, ne pouvant pas lui être disputé !

6   En 1976, le Royaume-Uni a connu l'humiliation de devoir faire appel à une intervention du FMI assortissant son aide d'un plan de redressement. Cela est resté longtemps dans les mémoires et a sans doute contribué au succès électoral de Margaret Thatcher.

7   Le premier emprunt de 8 MdF a été émis en septembre 1981 au taux de 16,75 %, d'une durée de six ans, remboursable in fine à comparer avec une inflation cette année-là de 13,4 %. Ce taux record s'est traduit par un surcoût considérable pour l'État quand l'inflation est revenue à 5,8 % en 1985 et à 2,7 % en 1986. Les nouveaux emprunts d'État à dix ans émis en 1986 l'étaient à 9,2 %. À noter que cette baisse nominale donnait un taux réel de 6,5 % et que de 1984 à 1994, le taux réel des emprunts publics a été supérieur à 5,5 %, alors que ce taux était négatif pendant les deux décennies précédentes ; ce qui se traduisait par des taux réels encore plus élevés pour les émissions privées, toujours plus chères.

8   La titrisation d'une partie de la production des crédits pouvant aussi amener analystes et investisseurs à reconsidérer la valorisation des crédits restés dans les portefeuilles des banques et inscrits en valeur historique puisque la marchéisation de la partie titrisée pourrait éventuellement servir de valorisation implicite de tous ces portefeuilles en cas de mise sur le marché ou, dans les cas extrêmes, de défaillance d'une banque.

9   Ce sont des instruments de dette qui combinent les caractéristiques des obligations et des prêts bancaires classiques, qui sont vendus directement à des investisseurs institutionnels. Ils restent comptabilisés dans les bilans des banques en tant que prêts et ils ne sont donc pas valorisés quotidiennement (marked-to-market).

10   L'un des objectifs fondamentaux du Traité de Rome (article 67) qui ne sera obtenu qu'après l'adoption de la directive du 24  juin 1988 visant à le réaliser avant le 1er juillet 1990, ce qui fut fait.

11   Même si une première directive bancaire du 12 décembre 1977 a commencé à en jalonner le cheminement en créant l'obligation d'obtenir un agrément et en arrêtant les conditions (légères) à respecter en termes de capital minimum, d'honorabilité des dirigeants, de leur nombre et de leur compétence.


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