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Back to Conventional Macroeconomic Policies?

Jacques Le Cacheux Professeur, université de Pau et des Pays de l’Adour ; directeur, département des études, Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).


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Footnotes

1   Ce consensus est décrit plus en détail et de manière enthousiaste par Blanchard (2007).

2   À supposer que l’un et l’autre soient correctement appréhendés par les indicateurs usuels, le taux de chômage et le PIB, ce que nous ne discuterons pas ici. Sur les indicateurs et leur pertinence, voir : Commission Stiglitz-Sen-Fitoussi (2009).

3   L’histoire intellectuelle de cette évolution est bien connue : elle part des travaux de Friedman (1968) et Phelps (1967), puis de Phelps et al. (1970). Les préceptes de la « nouvelle macroéconomie classique » sont édictés par Lucas et Sargent (1978).

4   Cette appellation fait écho à celle utilisée dans les années 1960 – « synthèse néoclassique » – pour désigner le consensus alors établi autour d’une représentation d’inspiration keynésienne N du type IS-LM N avec une relation de Phillips décrivant le lien entre inflation et chômage et « fermant » le modèle keynésien.

5   L’influence considérable des travaux mettant l’accent sur ce problème d’incohérence explique en grande partie la vogue des « règles » de politique macroéconomique. Les travaux de Kydland et Prescott, tous deux Prix Nobel d’économie en 2006, sont à l’origine de cet engouement (voir notamment : la conférence Nobel de Prescott, 2006). Pourtant, les problèmes d’incohérence temporelle des choix sont omniprésents dans la vie des agents qui doivent faire des choix ; ils sont connus depuis la plus haute Antiquité (voir : le mythe d’Ulysse et les sirènes chez Homère).

6   Il ne s’agit là que d’un résumé des critiques que l’on est en droit d’adresser à la théorie macroéconomique dominante des dernières décennies. Des analyses critiques plus articulées ont été développées par de nombreux auteurs, parmi lesquels on peut citer Arrow (1987). Une synthèse critique constructive a été récemment proposée par Kirman (2011).

7   C’est le fameux résultat de l’analyse de Barro et Gordon (2003) directement déduit des problèmes d’incohérence temporelle mis en exergue par Kydland et Prescott.

8   Fonction de réaction de la banque centrale, la règle de Taylor explicite la relation entre ses objectifs finals – et la pondération qu’elle attache à chacun d’eux – et son instrument (les taux directeurs).

9   Pour des critiques plus développées du PSC et des règles budgétaires, voir : Fitoussi et Le Cacheux (2010).

10   Pour une description et une analyse des enchaînements dans les deux premières années de la crise, voir : Aglietta (2009).

11   Le détail par banque de ces opérations a été récemment rendu public dans un rapport d’audit sur la Federal Reserve (2011), rendu obligatoire par la nouvelle législation dite « Dodd-Frank », adoptée en août 2010, sur les banques.

12   L’expression a été utilisée, dans les années précédant la crise, pour désigner la décennie allant de la crise asiatique (1997) à 2007, au cours de laquelle l’inflation est demeurée très basse partout dans le monde en dépit d’une croissance mondiale, qui dépassait tous les records précédemment établis, et de politiques monétaires plutôt accommodantes, voire laxistes (aux États-Unis). Voir, par exemple : OCDE (2011a).

13   Notons que ce pragmatisme a été âprement critiqué et combattu, y compris au sein du Conseil de la BCE, notamment par les représentants de l’Allemagne. Le président de la Bundesbank, Axel Weber, successeur putatif de Jean-Claude Trichet à la tête de la BCE à l’échéance de son mandat (novembre 2011), a démissionné de ses fonctions au printemps 2011. Et Jürgen Stark, membre du directoire et économiste en chef de la BCE, a lui aussi démissionné en septembre 2011.

14   Les interventions en renflouement des banques ont souvent été liées, directement ou indirectement, à l’implication de ces dernières dans le financement de l’immobilier ou dans l’acquisition de produits titrisés ou de dérivés sur les crédits immobiliers. Les pays dans lesquels le marché immobilier, notamment résidentiel, avait connu, dans les années précédant la crise, des évolutions de prix très marquées s’apparentant à des bulles, ont été particulièrement concernés par ces mesures. Voir, sur ce point : FMI (2011a).

15   Le Trésor public joue ainsi un rôle « d’assureur ultime » ou « en dernier ressort », comparable à celui de la banque centrale. La différence tient toutefois à ce qu’il s’agit, dans ce cas, non de prêter, mais d’éponger des pertes, de sorte que c’est, en définitive, le contribuable qui paie. C’est la raison pour laquelle, en Europe, ces sauvetages ne peuvent être que nationaux aussi longtemps, du moins, qu’il n’existe pas de « contribuable européen ». D’où la lancinante question du « fédéralisme budgétaire » qui réémerge à l’occasion de la crise des dettes publiques européennes. (Cf. infra).

16   Notons toutefois que le gouvernement italien a peu recouru à la relance budgétaire (Cf. infra).

17   Souvent citée en exemple parce qu’elle était censée soutenir le pouvoir d’achat des ménages, cette mesure majeure du plan de relance du gouvernement travailliste britannique a l’inconvénient de ne pas soutenir la production, mais la demande intérieure, et de profiter ainsi aux producteurs étrangers. Il est vrai qu’elle est de ce fait éminemment coopérative !

18   Pour des analyses empiriques plus détaillées sur les différents pays, voir : FMI (2011b) et OCDE (2011a). Sur la France, voir : OFCE (2011).

19   Alors que le gouvernement français vient d’annoncer une augmentation de 12 Md€ des prélèvements obligatoires, les « plans de rigueur » annoncés ou adoptés dans les autres pays européens sont d’une ampleur bien plus grande, dépassant 90 Md€ en Italie et en Angleterre, 40 Md€ en Espagne… et amputant le plus souvent les dépenses.

20   Pour plus de détails sur ces orientations et les carences de la nouvelle gouvernance européenne, voir : Le Cacheux (2011), Laurent et Le Cacheux (2010).

21   De ce point de vue, l’étude empirique de grande ampleur publiée par le FMI (2010c) est éclairante et dément les allégations, en vogue, sur les « effets non keynésiens », voire « anti-keynésiens », des politiques de consolidation budgétaire : en moyenne, ces politiques ont bien des effets récessifs et d’autant plus prononcés que le pays qui les mène n’abaisse pas ses taux d’intérêt et ne déprécie pas sa monnaie. Il est aisé d’en déduire que les politiques de rigueur pratiquées dans toute la zone euro auront des effets récessifs maximums.


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