Régulation et confiance

Christian Noyer Gouverneur honoraire, Banque de France ; ancien président, Banque des règlements internationaux (BRI). Contact : joelle.mesple-dufour@banque-france.fr.


La confiance est un actif essentiel pour le fonctionnement des économies modernes. La crise récente a vu la dévalorisation progressive de cet actif au sein du système financier. La notion de contraction du crédit manifeste économiquement cet effondrement. Pour

La confiance est un actif essentiel pour le fonctionnement des économies modernes. La crise récente a vu la dévalorisation progressive de cet actif au sein du système financier. La notion de contraction du crédit manifeste économiquement cet effondrement. Pour le contrer, les autorités publiques ont mis en jeu leur propre crédit. Cette intervention, pour indispensable qu'elle fut, ne peut se substituer à une régulation financière saine et solide. Celle-ci est essentielle pour construire et maintenir la confiance des agents dans le système financier : elle protège les agents ; elle corrige des défaillances de marché ; elle limite les prises de risque excessives pour la stabilité du système. Un défi est néanmoins de calibrer la régulation financière de façon appropriée, afin d'en minimiser certaines conséquences (négatives) involontaires. Pour l'avenir, trois chantiers sont clés : restaurer la confiance dans les banques, ce que les récentes réformes prudentielles devraient grandement favoriser ; étendre la confiance dans les instruments et infrastructures financiers, grâce à une plus grande standardisation et un recours plus systématique à des dispositifs de trading et de clearing robustes et supervisés ; pérenniser la confiance envers les régulateurs, sans céder à la fausse assurance que peuvent nourrir des règles prudentielles très automatiques.

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