Industrie de l'assurance et financement de l'économie

Michel Berthezene


Cet article traduit en termes financiers la croissance de l'activité des marchés d'assurance. En considérant le compte financier des ménages, il constate que la variation des réserves mathématiques des sociétés d'assurance est passée de 15 à 30% de l'ensemble de leurs placements financiers de 1985 à 1988. Dans une période de stagnation de l'épargne financière des ménages, seule la part des placements sous formes d'assurances croît ; ceci est principalement dû à l'assurance-vie et à la capitalisation. L'article insiste sur les caractéristiques très particulières de l'épargne des assurances : il s'agit à la fois d'une épargne mutualisée, dont une large partie du risque est absorbée par l'assureur, et d'une épargne contractuelle, c'est-à-dire stable. Les réserves mathématiques et les réserves techniques, qui figurent au passif des bilans des sociétés d'assurance ont, comme contrepartie, des actifs qui croissent bien entendu dans une proportion analogue. Avec des placements essentiellement composés d'obligations et dans une moindre mesure d'actions, les sociétés d'assurance jouent un rôle de premier plan sur l'ensemble des marchés de capitaux en raison à la fois des volumes gérés et du comportement financier très spécifique des sociétés d'assurance. Celui-ci est de fait différent de celui des banques, et cela tient notamment au fait que l'horizon des assureurs paraît nettement plus long que celui des banquiers. L'article montre que la l'équilibre financier de l'économie sera de plus en plus assuré par le secteur de l'assurance : il faut s'en réjoui car le financement dégagé par ce secteur a bien des qualités : il est non inflationniste, stable et orienté vers le secteur productif.

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