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La finance méditerranéenne

Aux frontières de l'UE, le sud et l'est de la Méditerranée forment un ensemble géopolitique et culturel hétérogène. Ce numéro consacré à la finance méditerranéenne explore et dresse un état des lieux de la finance dans ce vaste ensemble. Sans surprise, il ressort que ces systèmes financiers sont caractérisés par la même hétérogénéité, même si certaines caractéristiques communes peuvent être mises en évidence, comme le rôle prédominant des banques et la faible inclusion financière. Le numéro est divisé en quatre parties. Une première partie dresse le constat de l'hétérogénéité économique et financière des pays de la zone. La deuxième partie est consacrée à l'analyse des systèmes bancaires qui sont de loin le mode de financement principal de ces économies. La troisième partie traite des autres modes de financement et fait le constat de leur faible développement, avec des situations très contrastées selon les pays. Enfin la dernière partie dessine le contour des transformations nécessaires pour permettre de financer au mieux l'économie, donc la croissance, et parmi elles une plus grande inclusion financière paraît indispensable.

La Chronique d’histoire financière publie un article de Charles Calomiris et Matthew Jaremski qui analyse les effets des garanties de dépôt à la lumière de leur mise en place dans le système bancaire américain à la fin du 19ème siècle. Enfin, les deux articles divers sont consacrés pour l'un au choix du mode de régulation des Fintech et pour l'autre au développement du marché des Sukuk en Afrique sub-saharienne.

REF 136 La finance méditerranéenne

publication : avril 2020 452 pages

La finance méditerranéenne

Introduction accès libre

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Ce nouveau numéro de la Revue d'économie financière (REF) dédié à la finance méditerranéenne vient compléter le tour d'horizon extra-européen qui a notamment vu la REF consacrer des numéros à la Chine (n° 102), à la nouvelle finance américaine (n° 105), à l'Inde (n° 107), au continent africain (n° 116) et à l'Amérique latine (n° 124). Il s'intéresse plus […]

Vincent Caupin Bastien Bedossa Hicham CHERRADI

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Mise en perspective historique

La renaissance des villes italiennes et la Méditerranée (xve-xvie siècles)

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Cet article parcourt les étapes principales de la finance et du commerce en Méditerranée à la Renaissance en suivant le fil rouge de l'activité internationale des principales villes italiennes : Florence, Gênes et Venise. La finance internationale européenne trouve probablement ses origines dans les activités exercées pour le compte des États Pontificaux dès le xie siècle. Le monde islamique était, à l'aube de cette « révolution papale », le centre de la Méditerranée. Pourtant, la finance islamique ne s'est pas imposée dans la Méditerranée, probablement car elle n'a pas su ou voulu trop dépasser les limites que la religion lui imposait. Si le xive siècle a été marqué par la banque florentine, au xve siècle vénitien a succédé le xvie siècle de la finance génoise. Les dynamiques qui ont lié ces villes aux rivages de la Méditerranée ont donné naissance au capitalisme, notamment financier. Les grandes découvertes et particulièrement le voyage de Vasco de Gama vers les Indes en contournant le cap de Bonne Espérance créent les conditions pour le déclin futur de la Méditerranée.

Classification JEL : N10 N13 N17 N23


Angelo Riva

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Un espace économiqueet financier hétérogène

Le Sud et l'Est de la Méditerranée : un espace économique fragmenté

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Les pays du Sud et de l'Est de la Méditerranée constituent un ensemble économique hétérogène. Les économies diffèrent du point de vue de leur niveau de développement, de la structure de leur secteur productif, de leurs trajectoires ou des stratégies de développement mises en place. Alors qu'au cours de la décennie 2000, la situation macroéconomique de tous les pays de la région s'était améliorée, cette dynamique a été progressivement remise en cause sous le triple choc des effets de diffusion de la crise financière internationale, puis européenne, des tensions politiques et, pour les pays exportateurs de pétrole, de la baisse des prix des hydrocarbures. À la fin de 2019, plusieurs pays de la région sont confrontés à des déséquilibres macroéconomiques d'ampleur. Les pays de la région font face à trois défis communs importants : ils commercent peu entre eux, ils ont des structures productives insuffisamment diversifiées et ils connaissent des dysfonctionnements significatifs sur leur marché de l'emploi.

Classification JEL : E66 F15 F62 O11 O53 O55


Vincent Caupin

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La finance méditerranéenne existe-t-elle ?

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Cet article, plus politique qu'académique, repose sur trois convictions : d'abord que la finance méditerranéenne n'est pas homogène pas plus que la Méditerranée de l'est ; ensuite que l'essentiel des efforts en matière de finance méditerranéenne doit être consacré aux PME et aux TPE ; enfin que les institutions publiques internationales, de même que les banques locales, n'ont pas pris conscience (dans les faits au moins) du point précédent.

Faut-il pour autant désespérer ? Bien sûr que non, mais à quatre conditions au moins : (1) reconnaître, affirmer et surtout promouvoir la complémentarité démographique et technologique entre le Sud et le Nord de la Méditerranée ; (2) cibler davantage les investissements publics et privés vers des secteurs et des zones géographiques jugés par tous les spécialistes comme prioritaires ; (3) multiplier les « passerelles financières » publiques et privées étant en mesure de financer les PME, notamment en fonds propres ; (4) dans toutes les politiques avoir toujours en tête de faire des pays du Sud de la Méditerranée une « tête de pont » pour financer les économies d'Afrique subsaharienne (et notamment les PME de ces pays) qui constituent, pour les années à venir, un fantastique relais de croissance pour la Méditerranée, mais aussi pour l'Europe tout entière.

Classification JEL : O10 O16 O55


Olivier Pastré Afif CHELBI

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Intégration financière régionale au Maghreb et activation opérationnelle de la Banque maghrébine d'investissement et de commerce extérieur

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À travers un repère diagnostique, le but de cet article est d'évaluer l'état de l'intégration financière dans la région du Maghreb au vu de la littérature économique, des enseignements d'expériences internationales de communautés économiques comparables, des opportunités et défis liés à une meilleure ouverture raisonnée des marchés financiers maghrébins, tout en présentant le rôle de la Banque maghrébine d'investissement et de commerce extérieur (BMICE), récemment activée, dans le contexte régional actuel en profonde mutation. La première partie de l'article avance des éléments de théorie économique en matière de relations entre l'intégration financière et les performances macroéconomiques. La deuxième partie présente les tendances lourdes du développement des systèmes financiers dans les pays du Maghreb. La troisième partie met en relief l'état de l'intégration financière dans la région. La quatrième partie analyse les retards récurrents et les obstacles majeurs. En proposant des leviers alternatifs, la cinquième partie analyse la nature des réponses à travers notamment le rôle stratégique de la BMICE dans la promotion de l'intégration financière dans la région, et pour accompagner les ambitions d'un espace maghrébin financièrement intégré. En guise de conclusion, la dernière partie conclut sur les prérequis et les pistes ouvertes pour le renforcement de l'intégration financière au Maghreb.

Classification JEL : F02 F04 F36 F65 G02 O16 O53


Sami MOULEY Noureddine ZEKRI

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La Banque européenne d'investissement : un partenaire historique de la rive sud de la Méditerranée

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La rive sud de la Méditerranée est l'une des grandes priorités pour l'Europe. À ce titre, la Banque européenne d'investissement (BEI) est un partenaire financier majeur, depuis notamment la mise en place de la Facilité euro-méditerranéenne d'investissement de partenariat (FEMIP) en 2003. Ce sont ainsi près de 25 Md€ qui ont été engagés pour accompagner le développement des pays de la rive sud, avec une capacité d'adaptation aux besoins. Concentrée initialement sur les grands projets d'infrastructures publiques, l'activité de la BEI s'est progressivement orientée vers le soutien à l'emploi et au secteur privé, à la microfinance, avec une priorité donnée au climat, et toujours un objectif de catalyse d'autres investissements (publics ou privés) pour augmenter l'effet de levier. La BEI intervient toujours en partenariats. Le constat est cependant une approche européenne morcelée limitant l'impact des financements européens. C'est le sens de la réflexion en cours, à laquelle la BEI contribue, pour améliorer le schéma d'aide européenne en dehors de ses frontières.

Classification JEL : O19 O43 O55


Ambroise FAYOLLE

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Importance, enjeux et limitesdu financement bancaire

Banques universelles marocaines : une internationalisation réussie

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Cet article se propose de revisiter l'histoire de l'internationalisation des banques marocaines sous un angle différent, peu exploré par les récents travaux de recherche. Notre analyse met l'accent sur le déploiement du modèle de la banque universelle dont le succès a favorisé l'ouverture des groupes bancaires marocains sur l'Afrique. Au-delà des motivations économiques habituellement avancées, nous croyons que l'internationalisation des banques marocaines visait prioritairement à sauvegarder les intérêts des actionnaires. Ces derniers faisaient face à un risque de dépréciation des valorisations boursières des banques cotées.

À l'issue de ce processus d'internationalisation qui a duré plus d'une décennie, les banques marocaines se distinguent brillamment en offrant sur le long terme, l'une des meilleures rentabilités boursières du secteur bancaire mondial. Ce constat atteste de la pertinence du modèle de développement qui repose essentiellement sur un savoir-faire managérial de plus d'un siècle d'existence.

Classification JEL : F23 G21 O16 O55


Taha JAIDI

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Banques de Turquie : entre dynamisme et tensions

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Cet article dresse un portrait actualisé du secteur bancaire turc, en mettant l'accent sur sa capacité potentielle à générer de la valeur et à soutenir une croissance durable. Dans la mesure où les entreprises de Turquie sont principalement financées par des prêts bancaires, le cycle économique tout comme les risques politiques jouent un rôle important dans l'identification des risques auxquels est confrontée l'économie par le biais du secteur bancaire. En ce sens, l'article décrit le cadre juridique et le cadre politique actuellement applicables au secteur bancaire et soutient que différents choix politiques récents ont pu accroître les vulnérabilités du secteur. Bien que ces vulnérabilités aient été en partie créées par l'euphorie de construction qui a vu le jour en Turquie dans les années post-Lehman, elles résultent aussi largement de la compréhension erronée qu'a eue le gouvernement de l'État de droit et d'une discrétion accrue en matière de régulation du marché. En résumé, les dernières perspectives du secteur bancaire turc sont médiocres, en dépit des améliorations bien orchestrées du début des années 2000. Il se pourrait ainsi que la Turquie ait besoin de repartir sur de nouvelles bases afin de redynamiser son secteur bancaire.

Classification JEL : G21 G28 O16 O53


Eray YÜCEL

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Le secteur bancaire et financier égyptien post-printemps arabe : les bénéfices des réformes

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L'Égypte s'est engagée depuis 2016, avec le soutien des bailleurs de fonds internationaux, dans un ambitieux programme de réformes économiques. Le flottement de la livre égyptienne et les réformes budgétaires ont permis de freiner la dégradation des finances publiques. Ces mesures ont amélioré les perspectives économiques du pays, mais avec un coût social élevé. Pour alléger ce coût et améliorer les indicateurs socioéconomiques, on trouve le renforcement de l'accès du secteur privé au financement à travers la promotion et la diversification des sources de financement. Mais malgré le développement du système bancaire égyptien, le taux de bancarisation qui était de 14 % en 2014 est passé à 33 % en 2017 et reste l'un des plus faibles de la région. Seuls 4 % des adultes épargnent dans une institution financière formelle. La contribution du système bancaire islamique et de la microfinance au sein de l'économie égyptienne pourrait éventuellement atténuer l'exclusion sociale et financière surtout celle des jeunes et des femmes. La lutte contre l'exclusion sociale constitue ainsi l'un des objectifs majeurs du gouvernement égyptien et des institutions financières internationales. Elle permettrait aux catégories marginalisées de participer à la vie économique et de bénéficier de services bancaires de base. Ces individus pourraient ainsi contribuer à la croissance par notamment une réduction du chômage et de la pauvreté.

Classification JEL : G21 O16 O43 O55


Nabil Jedlane Dhafer Saïdane Omar Ismael ABDOURAHMAN

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Liban : illusion financière, illusion monétaire

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Afin de comprendre les raisons de la tension économique et financière au Liban et d'en explorer les issues possibles, il est nécessaire d'envisager les fonctions de l'intermédiation financière au Liban à la fois sous l'angle théorique, car elles présentent un cas extrême d'imbrication des risques bancaires, fiscaux et monétaires, et sous l'angle politique, car l'alternative entre leur reconfiguration et leur préservation s'impose comme un enjeu décisif. Au Liban, le système financier est intrinsèquement imbriqué au système politique, dont il est l'un des instruments essentiels. Sa « résilience » est le résultat d'une action politique longue qui tire avantage du défaut d'immunité de la société. Aujourd'hui, le Liban fait face à une crise majeure de la balance des paiements et vouloir occulter les pertes dans l'attente d'un miracle improbable ne fera que les aggraver et épuisera les derniers avoirs extérieurs. Il est donc nécessaire de procéder à une allocation des pertes et des risques qui soit à la fois socialement juste, et par suite politiquement justifiable, et économiquement orientée vers la restructuration de l'économie pour qu'elle ne soit plus structurellement dépendante des flux externes de capitaux.

Classification JEL : F41 G21 O16 O53


Charbel NAHAS

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Les systèmes bancaires des pays arabes sud-méditerranéens – Le financement de la croissance face aux enjeux de la stabilité financière

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Les systèmes financiers des pays arabes du Sud de la Méditerranée ont connu de profondes mutations ces deux dernières décennies. La crise financière internationale et les tensions politiques de la région ont mis en lumière la résilience, mais aussi les fragilités internes des systèmes financiers.

Dans cette région, l'efficacité du système bancaire dans l'exercice de ses fonctions d'intermédiation constitue l'un des enjeux prioritaires pour relever les défis du financement d'une croissance accélérée et inclusive. Les changements intervenus dans la structure du capital, l'internationalisation des banques et l'émergence de la banque participative y ont contribué favorablement. Néanmoins ces systèmes financiers restent dominés par les banques commerciales appliquant des modèles de financement classiques. Ces modèles ont entraîné un faible accès des PME aux financements notamment par manque de produits alternatifs.

En dépit de la progression dans les régulations macro et microprudentielles, les défis restent encore posés aux systèmes bancaires pour garantir une stabilité financière pérenne. Ces défis sont liés à la complexité de la transposition des normes de Bâle III. À cela s'ajoutent les préoccupations résultant de l'inclusion financière, de la gestion des innovations en technologie financière, de la cybersécurité. Le souci des régulateurs est de trouver l'équilibre entre les priorités internes de financement des économies et la transposition de normes internationales de plus en plus strictes dans la réglementation interne.

Classification JEL : G28 O16 O43 O55


Larabi JAIDI

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Les autres modesde financement encore peudéveloppés

Assurance dans les marchés méditerranéens

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Les marchés d'assurance des deux rives de la Méditerranée ont entretenu dans le passé des relations étroites. Ces relations ont créé dans le temps des similitudes techniques et juridiques. Aujourd'hui, ces relations au plan de l'activité demeurent significatives. Ce constat, malgré l'asymétrie importante liée au niveau de développement, montre l'utilité de l'apport des relations du passé et de la présence actuelle. Dans leur progrès, les marchés du Sud peuvent prendre comme objectif à long terme une évolution progressive vers le niveau des marchés du Nord, matures et dont la croissance est devenue marginale. Dans les enjeux des marchés du Sud, la répartition des activités entre assurance vie/non-vie, qui n'est pas liée au revenu, est fondamentale. Une stratégie et un modèle de croissance approprié devraient permettre d'obtenir des résultats d'évolution positive.

Classification JEL : G22 O16 O55


Reyda Ferid BENBOUZID

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L'environnement s'améliore pour le private equity au sud de la Méditerranée

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Les défis de la démographie et de l'emploi auxquels est confronté le continent africain dans son ensemble ne peut être relevé que par le développement du secteur privé à travers la création d'entreprises et le développement de celles déjà établies qu'elles soient TPE, PME, ETI ou grands groupes. L'offre relative au financement des entreprises africaines, encore essentiellement bancaire, a vu l'émergence depuis deux décennies de la microfinance dédiée aux TPE (dont l'évolution a été spectaculaire boostée par le digital), les fonds de private equity et plus récemment de venture capital.

L'apport financier et stratégique des fonds de private equity et de capital-risque aux entreprises africaines, conjugué à leur contribution au renforcement de la gouvernance des sociétés de leur portefeuille et à la mise en œuvre de leur plan de croissance organique et externe, est indiscutable. C'est pour cela que qu'il est essentiel que les métiers du private equity et du capital-risque bénéficient de toute l'attention des pouvoirs publics en Afrique, pour favoriser la levée de leurs fonds, le déploiement de leurs capitaux sous gestion et la liquidité de leur portefeuille à travers des dispositifs réglementaires et fiscaux incitatifs, aux standards internationaux. Il convient également d'assurer une supervision ad hoc pour la protection des actionnaires des fonds. Les réalisations tangibles de plusieurs acteurs de référence dans le private equity et le capital-risque en termes de création de valeur et d'impact économique, social et environnemental sur ce continent doivent également leur permettre de continuer à bénéficier de la confiance des institutions de développement bilatérales et multilatérales et de retenir l'attention d'acteurs institutionnels et privés africains et européens.

Classification JEL : G24 O16 O55


Aziz MEBAREK

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Finance islamique au Maghreb : quels modèles, quels enjeux ? Étude des déterminants de la demande de services bancaires islamiques en République islamique de Mauritanie

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Le développement de la finance islamique dans les pays du Maghreb est confronté aujourd'hui à la question de l'existence d'un gisement de clients potentiels. En effet, en apparence, la population est très sensible à l'argument religieux en matière d'épargne et de financement. De plus la population est encore sous-bancarisée. Le taux de bancarisation n'est que de 30 % en moyenne dans la région. L'articulation entre la finance islamique et la banque de détail au Maghreb est donc manifeste. Certaines banques islamiques du Golfe pourraient parfaitement envisager une diversification géographique et ainsi pénétrer le marché bancaire de la banque de détail au Maghreb.

Cependant, l'implantation de la finance islamique au Maghreb devrait être très progressive. Les autorités bancaires maghrébines devront trouver un équilibre entre la demande sociale pour ce type de banques et la concurrence de ces entrants sur des territoires déjà occupés par des banques locales conventionnelles peu agressives. Nous présentons d'abord un état des lieux de la finance islamique dans chacun des pays du Maghreb. Nous examinons ensuite les déterminants de la demande de services bancaires islamiques en prenant comme exemple la Mauritanie. Ce dernier pays, dont d'ailleurs le nom officiel est « République islamique de Mauritanie », est sans doute l'un des plus avancés du Maghreb en la matière.

Classification JEL : G21 O16 O55


Dhafer Saïdane Mohamed VALL EL ALEM Walid BAHLOUL

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De nécessaires transformations

Transformer la finance au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

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Cet article préconise une transformation de la finance en vue de soutenir l'évolution économique et sociale de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA). L'article se concentre en premier lieu sur le système financier existant dans la région MENA, un système fortement orienté vers les services bancaires – par opposition aux services non bancaires –, tels que les marchés des actions et des obligations de sociétés, et caractérisé par une grande hétérogénéité entre pays de la région. L'article s'intéresse ensuite à l'incidence de la conjoncture macroéconomique sur le développement de la finance dans la région MENA. L'orientation de la politique macroéconomique a eu d'importantes implications sur la destination, la rentabilité et la qualité des prêts bancaires et sur l'évolution limitée du système financier. Enfin, l'article examine l'impact de la technologie sur le développement financier, en portant une attention particulière aux perspectives de développement des Fintech dans la région MENA. La position dominante des banques a limité le rôle des opérateurs non bancaires dans la promotion de la contestabilité du marché et du développement des Fintech. L'article a pour objectif d'inciter les autorités et les décideurs politiques de la région MENA à rompre le statu quo et à s'écarter des pratiques usuelles. Plus spécifiquement, il souligne la nécessité d'une approche ambitieuse (« moonshot ») basée sur l'établissement des bases d'une nouvelle économie numérique dans la région MENA et sur son rôle dans la promotion d'une économie financière performante et inclusive capable de soutenir les besoins de développement de la région MENA.

Classification JEL : O15 O16 O43 O53 O55


Rabah AREZKI Lemma W. SENBET

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L'inclusion financière au Moyen-Orient et au Maghreb : défis et opportunités

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Malgré une croissance régulière de leur rayonnement au cours de la dernière décennie, les pays du bassin méditerranéen continuent d'être en retard par rapport à leurs voisins en termes d'ampleur, de taille et de diversité du secteur financier. Dans l'ensemble de la région, il subsiste un énorme fossé entre la demande et l'offre de services financiers : près de 100 millions d'adultes sont toujours en dehors du système financier formel, et les segments de la population qui sont exclus des marchés financiers sont également les plus vulnérables sur le plan économique. Le contexte politique (soulèvements majeurs de 2011), la méfiance des acteurs financiers vis-à-vis du « bas de la pyramide », la réglementation contraignante autour de la microfinance ou encore la méconnaissance de l'offre financière par les potentiels bénéficiaires expliquent cette inclusion financière limitée. Néanmoins, dans le sillage du printemps arabe, de nombreux gouvernements ont pris conscience de l'importance d'améliorer l'accès aux services financiers et mettent à jour leurs cadres réglementaires. L'arrivée de nouveaux acteurs (opérateurs mobiles, réseaux d'agents, établissement de paiement) favorise également les avancées et les innovations financières sur le bassin, et permettra peut-être, bientôt, aux pays méditerranéens d'inclure dans le système financier formel leurs populations encore exclues.

Classification JEL : G21 O16 O25 O55


Youssef MEKOUAR Juliette ROBERT

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Les enjeux de l'épargne des migrants – La nécessaire adaptation des banques marocaines

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Les transferts de fonds internationaux des migrants vers les pays en développement ont totalisé en 2018 la somme de 529 Md$, soit trois fois plus que l'aide publique au développement (APD) et plus que les investissements direct étrangers (IDE). Dans certains pays d'Afrique subsaharienne, ils pèsent jusqu'à 15 % à 20 % du produit intérieur brut. De nombreuses études économétriques se sont intéressées ces dernières années à l'impact de ce flux massif de capitaux étrangers sur le développement et la croissance des pays bénéficiaires, avec des résultats contrastés selon les cas.

La première partie de cet article évalue l'intérêt de drainer ces flux à travers le système bancaire (par opposition aux autres canaux de transferts) et de les transformer en épargne bancaire. La seconde partie explique comment le système bancaire marocain a réussi à canaliser les flux financiers de la diaspora marocaine, à travers des exemples comme celui de la Banque Populaire du Maroc, pionnière en la matière dès les années 1960. Enfin la troisième partie de cet article met en lumière les nouveaux défis que posent l'évolution générationnelle de la diaspora ainsi que les ruptures technologiques en cours sur la pérennité de ce modèle.

Classification JEL : G21 O16 O20 O55


Wassim BIAZ

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Réforme financière et mutations de comportement : la problématique de l'épargne financière au Maroc

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La canalisation de l'épargne financière vers le secteur productif est une préoccupation centrale pour financer la croissance des pays de la rive sud de la Méditerranée et éviter de recourir à un endettement extérieur susceptible de remettre en cause les équilibres macroéconomiques. Paradoxalement, il existe au niveau de cette région une carence de statistiques permettant d'appréhender l'épargne financière.

Le Maroc fait partie des pays qui ont engagé, depuis la deuxième moitié de la décennie 1990, des réformes de structure de son système financier les plus importantes à travers la modernisation du cadre légal et réglementaire et des infrastructures techniques. Toutefois, les mutations de comportement des acteurs tardent à se manifester. Le volume des actifs financiers drainés par le système financier marocain est l'un des plus important de la région sud-Méditerranée, mais ce dernier reste largement dominé par les entreprises financières. Peu de ménages détiennent des instruments financiers à cause principalement de leur niveau d'endettement, des inégalités de revenus et des distorsions fiscales.

L'enjeu pour les pouvoirs publics serait d'élargir la base des épargnants notamment par l'introduction de nouveaux instruments financiers, l'éducation financière et la révision du système de retraite par répartition. 

Classification JEL : G23 O16 O43 O55


Hicham CHERRADI Said TOUNSI

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Chronique d'histoire financière

Faire appel à l'histoire pour mettre au jour les causes et les conséquences de l'assurance dépôts accès libre

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L'assurance des passifs bancaires a commencé sous la forme d'une expérience américaine menée dans six États des États-Unis au cours de la première moitié du xixe siècle. En 1860, ces six expériences locales de garantie des dépôts avaient toutes disparu. Une seconde vague de huit expériences similaires a vu le jour dans ce pays au début du xxe siècle et, là encore, toutes ces expériences […]

Charles W. CALOMIRIS Matthew JAREMSKI

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Articles divers

Le choix du modèle de régulation des Fintech : entre sandbox et soundbox

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La révolution technologique digitale touche l'ensemble des métiers de la finance. Elle conduit les régulateurs à encadrer les nouveaux acteurs qui ne cessent de gagner en popularité. Les pouvoirs publics sont confrontés à des impératifs complexes à concilier. D'un côté, ils souhaitent ouvrir le cadre juridique traditionnel afin d'intensifier la concurrence en permettant aux start-up Fintech de proposer des services financiers aux particuliers et aux entreprises. D'un autre côté, il est nécessaire de contrôler ces activités à risque et protéger ainsi le consommateur. La France est donc confrontée au défi de la construction d'un cadre juridique à même d'éviter de brider l'innovation des Fintech. Celles-ci étant en plein essor en Angleterre et aux États-Unis, il est pertinent de s'interroger sur la possibilité d'une prise en compte par la France des modèles réglementaires en vigueur dans ces pays, à défaut de mettre en place une réglementation différente. Notre travail tente d'apporter une contribution à cette problématique par le biais d'une conciliation entre la littérature juridique anglo-saxonne (anglaise et américaine) et celle en économie financière.

Classification JEL : G10 G28 K02 O03


Gurvan BRANELLEC Ji-Yong LEE

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Les Sukuk souverains : une réelle alternative pour le financement des infrastructures en Afrique subsaharienne ?

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Le marché des obligations islamiques a déjà prouvé son intérêt comme une source de financement viable pour les secteurs privé et public. Il connaît depuis dix ans une très forte croissance, aussi bien dans le monde musulman qu'ailleurs. Les obligations islamiques sont des instruments flexibles qui peuvent être une réelle alternative au financement des projets d'infrastructure du continent africain. Récemment, plusieurs pays du continent ont adopté ce type d'instruments et d'autres ont annoncé leur volonté d'en émettre. Cependant, plusieurs défis restent à surmonter pour que l'émission de Sukuk en Afrique subsaharienne devienne une alternative viable. Cet article présente les progrès réalisés en termes d'émissions de Sukuk. Il présente également les avantages d'un tel instrument pour le financement des projets d'infrastructure et les défis, juridiques et techniques, qui restent à surmonter en Afrique.

Classification JEL : G23 G28 O16


Ghassen Bouslama

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