L'impact macro-économique du processus de convergence vers l'UEM et du pacte de stabilité et de croissance

Jean-Louis Nakamura Rapporteur au sein du groupe de travail du CNCT sur le financement de l’entreprise, direction de la Prévision
Didier Eyssartier Professeur à l’ENSAE et Maître de conférences à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris


Le travail présenté ici s'efforce de quantifier, sur la période 1995-2006, les effets sur l'activité d'un assainissement accéléré des finances publiques en Europe, associé au démarrage au 1er janvier 1999 de l'union monétaire et à la mise en oeuvre du pacte de stabilité. Cette perspective est comparée à un scénario de non réalisation de la monnaie unique dans lequel, sans diverger en matière monétaire et tout en réduisant très graduellement leurs déficits publics, les Etats-membres auraient renoncé au calendrier imparti par le traité de Maastricht. Son objet n'est dès lors pas de comparer la discipline de convergence que s'imposent depuis trois ans les pays européens à une politique économique radicalement différente mais au contraire d'intégrer l'idée selon laquelle les Etats-membres se seraient efforcés de maîtriser l'évolution de leurs finances publiques, même en l'absence des critères de Maastricht.
Les résultats des simulations réalisées sur le modèle multi-national Nigem illustrent en conséquence les effets macro-économiques possibles " strictement " imputables au processus de convergence et à la mise en place du pacte de stabilité : à court terme, ces effets s'exercent de manière restrictive sur l'activité. Au delà, la détente de la politique monétaire autorisée par l'assainissement accéléré des finances publiques, la suppression des primes de risque en Europe permise par le renforcement de la crédibilité du projet d'union monétaire ainsi que la croissance des exportations à destination des pays tiers favorisent une nette accélération du rythme de l'activité européenne à compter de 1998. Au terme de la période étudiée, le bilan macro-économique de cette stratégie apparaît ainsi positif.

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