Evolution et déterminants de la crédibilité de l'Union Monétaire Européenne durant la phase de transition : une étude comparative France, Italie et Grande-Bretagne

Jean-Paul Pollin ** Professeur émérite, Université d'Orléans. Contact : jean-paul.pollen@univ-orleans.fr.
Raphaelle Bellando
Servane Pfister Secrétaire général de la rédaction, Revue d'économie financière


Dans cet article nous nous intéressons à la crédibilité qu'accordaient les marchés financiers à l'entrée de certains pays (France, Italie et Grande-Bretagne) dans l'union monétaire européenne, au cours de la période de transition. Pour ce faire nous calculons un indicateur égal à l'écart de taux implicites en 1999 et en 2002 entre le pays et l'Allemagne. Après avoir examiné le profil temporel de ces écarts dans les années 1990, nous tentons d'en expliquer les variations. Pour la France, la crédibilité du projet de monnaie unique semble fondée sur le coût que le pays a accepté de supporter en termes d'emplois et de croissance perdus. Dans le cas de l'Italie, l'effort à consentir s'exprimait essentiellement par référence à l'Allemagne, ce qui tend à prouver que le processus de convergence s'est identifié en réalité à un alignement sur la situation allemande. Pour la Grande-Bretagne dont l'entrée n'est plausible qu'à l'horizon 2002, l'effet des variables est inversé : tout se passe donc comme si les marchés avaient considéré que l'entrée de la livre dans l'euro ne pouvait se concevoir qu'à condition que son coût économique ne soit pas trop élevé, ce qui ne fait que refléter les préférences affichées dans le discours de politique économique britannique.

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