La trop faible intégration des marchés obligataires publics de la zone euro

Patrick Artus Chef économiste, Natixis, groupe BPCE ; professeur associé, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Contact : patrick.artus@natixis.com.


Les écarts de taux entre émetteurs souverains dans la zone euro ne résultent pas de l'absence de solidarité entre les émetteurs ou de différences dans les situations macroéconomiques ou de solvabilité budgétaire. Ils viennent d'habitudes et de comportements irrationnels dans les moments de flight to quality. Le caractère " non économique " de ces écarts de taux a deux conséquences ; la discipline de marché ne joue pas : ce n'est pas parce qu'un pays a un déficit ou une dette publique plus élevés qu'il paye un taux d'intérêt plus élevé ; le marché obligataire public européen n'est pas unifié, ce qui est un grand handicap par rapport au marché américain. Comparer l'encours total de dette publique aux États-Unis et dans la zone euro n'a donc pas beaucoup de sens.

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