La Chine crée-t-elle de nouveaux paradigmes économiques ?

François Godement


Le regard économique sur la Chine change rapidement. L'histoire économique appliquée à la Chine précommuniste s'attachait à rendre compte des obstacles à la croissance, des goulots d'étranglement de celle-ci. Sous le maoïsme, une alternance de flux et de reflux dans la collectivisation à outrance, de mobilisation populaire suivie d'un desserrement des contraintes, scandent l'histoire des trois premières décennies du régime. Avec l'ère Deng Xiaoping est venu un autre cycle politique : celui de l'ouverture et des réformes, aboutissant à des dérapages économiques spectaculaires ou des « atterrissages forcés ». Au fur et à mesure qu'augmente sa composante externe, l'économie chinoise a changé d'échelle et connaît aujourd'hui plusieurs moteurs de croissance, qui ne produisent pas nécessairement leurs effets tous en même temps, mais permettent à un pouvoir technocratique fort de tirer l'économie tout en tolérant des « bulles » ou déséquilibres locaux.

Partager par email Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Google+