La longue marche vers la mise en place de chambres de compensation sur les marchés de dérivés de crédit

Gisèle Chanel-Reynaud Maître de conférences, université Lyon 2.


Malgré les mesures prises au cours des dernières années pour limiter les risques systémiques,
la crise qui a suivi la faillite de Lehman Brothers pose de nouveau le problème de la transmission du risque de contrepartie. Une des pistes proposées pour remédier à ce problème est de mettre en place un processus de compensation sur le marché des dérivésde crédit. Nous explorons dans cet article la responsabilité des opérations de transfert de risque dans la crise globale actuelle, puis l'amélioration technique des modalités de négociation et de dénouement des CDS et enfin les avantages et limites de la mise en place, en Europe, de chambres de compensation, dans un contexte où les opérateurs anglo-saxons ont déjà organisé une partie des services qu'elles assurent habituellement. Il en ressort que l'apport fondamental tient moins aux outils de collatéralisation, qui peuvent être mis en oeuvre par de simples banques qu'à la garantie de bonne fin. Cette prise de risque, même couverte, pose à son tour la question de la garantie de la chambre de compensation et in fine celle de la possibilité pour des acteurs européens de demeurer isolés.

Partager par email Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Google+