La compensation des produits financiers dérivés est-elle la panacée ?

Michel Castel Chef du secrétariat général, Conseil nationale du crédit


Après la faillite de Lehman Brothers et le renflouement de AIG, les autorités bancaires et financières, les gouvernements et même de nombreux opérateurs ont conclu que les 600 000 milliards de dollars de contrats de gré à gré portant sur des produits dérivés devront être pour l'essentiel compensés par des chambres de compensation. C'est ce que le G20 a recommandé à Pittsburgh, le 25 Septembre 2009, avec la fin 2012 comme date butoir. C'est un grand pas dans la bonne direction pour renforcer la sécurité des marchés financiers. Cependant une telle concentration de risques si énormes sur les chambres de compensation peut produire un risque à dimension systémique. Tout d'abord, les chambres de compensation sont nombreuses et seront soumises à une forte concurrence, dans un « modèle à prix coûtant ». Ensuite, elles n'ont pas d'actionnaires désireux - ou en mesure - de les aider en cas de crise majeure.
Si nous voulons éviter d'avoir un jour à procéder au sauvetage sur fonds publics d'une ou de plusieurs d'entre elles - sauvetage(s) qui serai(en)t particulièrement inconfortable(s) dans l'UE ou dans la zone euro -, nous devons exiger une solidarité entre elles soit par la mise en place d'un dispositif de réassurance obligatoire, soit par la création d'un fonds mutuel de garantie obligatoire.

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